La Jordanie a entamé des consultations aux Nations unies avec l’espoir de présenter avant Noël au Conseil de sécurité une résolution destinée à relancer les négociations de paix entre Israël et les Palestiniens, a indiqué mardi son ambassadrice à l’ONU Dina Kawar.

« Il y a le texte palestinien que nous avons soutenu et il y a une résolution française, et peut-être d’autres », a expliqué Mme Kawar à des journalistes. « Nous allons voir quelles sont les possibilités de travailler avec tous pour parvenir à un texte aussi unifié que possible ».

« Nous allons essayer d’y arriver avant Noël, et sinon en janvier », a-t-elle expliqué. « Nous voulons rassembler tout le monde, c’est notre intention ».

La Jordanie, seul membre arabe du Conseil, avait fait circuler en novembre au nom des Palestiniens un projet de résolution appelant au retrait israélien d’ici novembre 2016. Cette initiative palestinienne a été entérinée samedi dernier par la Ligue arabe.

Mais le texte palestinien est jugé par de nombreux diplomates trop déséquilibré pour recueillir un large assentiment et éviter un veto américain au Conseil.

De son côté, selon des diplomates du Conseil, la France a entamé des consultations informelles avec ses partenaires afin d’aboutir aussi à un texte de consensus.

Celui-ci réaffirmerait la nécessité d’une reprise rapide des négociations israélo-palestiniennes, définirait des paramètres généraux pour assurer leur succès et fixerait une échéance pour la fin de ces négociations.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a évoqué à ce propos un délai de deux ans pour conclure. Il a aussi lancé l’idée d’organiser à Paris une conférence internationale sur le Proche-Orient, sans fixer de date.

Les idées françaises, d’abord discutées avec Londres et Berlin, ont été communiquées à la Jordanie et aux Etats-Unis mais les discussions en sont encore à un stade préliminaire.

L’initiative française devait être évoquée mardi à Bruxelles, où le secrétaire d’Etat américain John Kerry s’est entretenu avec des ministres européens lors d’une réunion de l’Otan.

La position de Washington, qui a maintes fois opposé son veto à des résolutions de l’ONU faisant pression sur son allié israélien, sera cruciale pour l’issue de ces tractations. Pour l’instant, les Etats-Unis « ont envoyé des signaux plutôt positifs », mais sans prendre d’engagement formel, résume un diplomate.