Le président du Sénat français Gérard Larcher a assuré jeudi à Jérusalem que Paris ne préparait pas secrètement un projet de résolution de l’ONU sur le conflit israélo-palestinien dans la foulée de la conférence internationale prévue le 15 janvier.

M. Larcher, à la tête de la chambre haute du Parlement et l’un des plus hauts personnages de l’Etat français (le 2e), a aussi dit à la presse qu’à sa connaissance aucun autre pays ne travaillait à un tel texte et qu’aucun projet de résolution ne serait soumis au Conseil de sécurité de l’ONU entre le 15 janvier et l’accession de Donald Trump à la présidence américaine le 20 janvier à la suite de Barack Obama.

M. Larcher, qui achevait une visite de quatre jours en Israël et dans les Territoires palestiniens, a rapporté que plusieurs interlocuteurs israéliens lui ont fait part de leur crainte que la France n’essaie de traduire dans une résolution du Conseil de sécurité les résultats de la conférence de la mi-janvier destinée à relancer l’effort de paix moribond entre Israéliens et Palestiniens.

« Il n’y a pas de proposition de résolution secrète préparée par la France à l’ONU après la conférence de Paris à ce jour », a déclaré M. Larcher.

Larcher a entre autres durant son séjour rencontré Shmuel Rabinovitch, le rabbin du mur Occidental sur le site saint à Jérusalem. Le politicien français a demandé à faire une prière pour les victimes de l’école Ozar HaTorah de Toulouse : Jonathan Sandler et deux de ses enfants, Gabriel, 3 ans, et Aryeh, 6 ans ainsi qu’une autre petite fille de 8 ans, Myriam Monsonégo.

Gérard Larcher rencontre Shmuel Rabinovitch, le rabbin du mur Occidental sur le site saint à Jérusalem, le 5 janvier 2016 (Crédit : porte-parole du mur Occidental)

Gérard Larcher rencontre Shmuel Rabinovitch, le rabbin du mur Occidental sur le site saint à Jérusalem, le 5 janvier 2016 (Crédit : porte-parole du mur Occidental)

Depuis son lancement début 2016, Israël a constamment rejeté l’initiative française, refusant ce que le Premier ministre Benjamin Netanyahu appelle les diktats internationaux pour résoudre l’un des plus vieux conflits de la planète. L’Autorité palestinienne a quant à elle adhéré à l’initiative.

La pression s’est accrue sur Israël le 23 décembre avec l’adoption par le Conseil de sécurité d’une résolution contre la conctruction israélienne dans les Territoires palestiniens, qui est « un obstacle majeur » à la paix et à la création d’un Etat palestinien indépendant coexistant avec Israël.

Des années de tensions entre le gouvernement Netanyahu et l’administration Obama avaient alors culminé quand cette dernière avait rompu avec la politique d’opposer son veto à une telle résolution.

M. Netanyahu avait alors implicitement évoqué l’éventualité d’une nouvelle résolution entre le 15 janvier et le départ de M. Obama de la Maison Blanche.

La droite israélienne affiche ouvertement attendre la prise de pouvoir de M. Trump.