J Street critique Abbas pour son analyse sur Jérusalem – une première ?
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J Street critique Abbas pour son analyse sur Jérusalem – une première ?

Le groupe de lobby a qualifié les propos tenus par le dirigeant palestinien de "clivants et provocateurs" et affirme que l'AP a toujours besoin des Américains pour conclure un accord de paix

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s'exprime lors d'une conférence de presse à la suite du sommet de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) sur la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d'Israël le 13 décembre 2017 à Istanbul. (AFP PHOTO / YASIN AKGUL)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s'exprime lors d'une conférence de presse à la suite du sommet de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) sur la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d'Israël le 13 décembre 2017 à Istanbul. (AFP PHOTO / YASIN AKGUL)

WASHINGTON – Le groupe libéral de politique sur le Moyen Orient J Street a fustigé le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas jeudi pour son récent discours à l’Organisation de la Coopération islamique (OCI), qualifié de « clivant et provocateur ».

Ces critiques font écho à celle du lobby pro-Israël de l’AIPAC, qui a déclaré que le dirigeant palestinien avait « retardé la paix » avec ses propos.

Suite à la décision controversée du président américain Donald Trump la semaine dernière, de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, tout en enclenchant les démarches pour y transférer l’ambassade américaine, Abbas a appelé la communauté internationale à se retracter sur leur reconnaissance d’Israël, et a ajouté que les Palestiniens ne travailleraient plus avec les États-Unis, et qu’ils n’étaient plus soumis aux engagements pris lors des précédents pourparlers.

Il a également refusé de reconnaitre tout lien entre Jérusalem et l’histoire juive.

« Nous disons aux Israéliens que nous en sommes plus engagés dans aucun accord, depuis Oslo jusqu’à aujourd’hui », a menacé Abbas. Il a déclaré que l’AP avait l’intention de retourner aux Nations unies pour contourner les négociations et devenir membre à part entière.

« Sans état palestinien selon les frontières de 1967, avec Jérusalem comme capitale, il n’y aura pas de paix dans la région, dans les territoires, dans le monde », a-t-il clamé. « C’est à eux de choisir. »

J Street, qui a reconnu la frustration que devait ressentir le dirigeant palestinien face à l’administration Trump, a « rejeté » ce discours, et affirmé qu’un mouvement nationaliste palestinien a toujours besoin des États-Unis pour progresser.

« Les États-Unis doivent et peuvent jouer un rôle vital et productif en facilitant les négociations vers une solution à 2 États », indique le communiqué.

« Les démarches préjudiciables du président Trump peuvent être abrogées par de futures administrations et dirigeants, qui comprennent la valeur de la véritable diplomatie, et l’urgente nécessité de résoudre ce conflit. »

Le directeur général de J Street, Jeremy Ben-Ami, pendant la conférence de l’association, à Washington, le 21 mars 2015. (Crédit : JTA/J Street)

L’organisation progressiste soutient généralement Abbas et se montre réfractaire aux actions d’Israël, et particulièrement vis-à-vis du mouvement des implantations, qui, dit-elle, est un facteur clé de la longue durée du conflit israélo-palestinien.

Les propos de J Street ont été précédés par des critiques d’autres groupes juifs, qui se sont, de manière assez exceptionnelle, ralliés à l’opinion de l’AIPAC et à d’autres organisations plus conservatrices.

L’AIPAC a fait remarquer que le discours d’Abbas « pav[ait] un dangereux chemin » qui pourrait « retarder la paix ».

« Plutôt que de menacer Israël et l’Amérique, Abbas devrait arrêter les déclarations extrêmes et condamner l’incitation à la violence. Israël est prêt à entrer dans des négociations directes ; les Palestiniens devraient les rejoindre », a déclaré le puissant lobby pro-Israël dans un communiqué.

Plus tôt dans la journée de jeudi, Stephen M. Greenberg, président de la Conference des Présidents, et Malcom Hoenlein, le PDG, ont déclaré dans un communiqué que le discours d’Abbas était « un rejet de la paix avec Israël ».

« Le président Abbas a ouvertement promu le déni des liens juifs entre Jérusalem et son propre peuple, aux Nations unies et dans ses instances et organes, et dans des forums internationaux », indique le communiqué.

« Sa menace, de se rendre aux Nations unies pour revenir sur la mesure américaine – chose qu’il ne peut pas faire – et pour obtenir la reconnaissance d’un état palestinien, sonne le glas des négociations. Son discours au sommet de l’OCI à Istanbul est également la dernière attaque en date sur les croyances fondamentales de la religion juive et sur la vérité historique. »

Les propos d’Abbas ont également attiré la critique du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de la Maison Blanche, qui a insisté sur le fait qu’elle est toujours engagée dans le processus de paix afin de conclure un accord.

« Ce discours, qui empêche la paix depuis des années, n’est pas surprenant. Nous nous attendions à ce genre de réactions », a déclaré un responsable de l’administration anonyme mardi au Times of Israel.

« Nous continuerons à travailler d’arrache-pied pour mettre notre projet à exécution, dans les intérêts des peuples juif et palestinien. »

Le président américain Donald Trump montre le protocole signé reconnaissant Jérusalem en tant que capitale de l’Etat juif tandis que le vice-président le regarde, à la Maison Blanche, le 6 décembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Saul Loeb)

Netanyahu a réagi aux discours d’Abbas en déclarant que les « Palestiniens devraient se faire à l’idée que Jérusalem est réellement la capitale d’Israël ».

La semaine dernière, depuis la Maison Blanche, Trump a défié les mises en garde du monde entier, et a déclaré qu’après de nombreux échecs pour parvenir à la paix, une « nouvelle approche » s’imposait. Sa décision de reconnaitre Jérusalem comme siège du gouvernement israélien est, dit-il, fondée sur la réalité.

Cette reconnaissance a été saluée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et par des dirigeants de l’ensemble de l’échiquier politique. Trump a souligné qu’il ne définissait aucune frontière sur la souveraineté sur la ville, et n’appelait aucunement au changement de statu quo dans les Lieux saints de la ville.

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