‘J’ai entendu des cris, et vis une jeune fille allongée par terre’
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‘J’ai entendu des cris, et vis une jeune fille allongée par terre’

L'envoyé du Times of Israel a vu comment une marche de bonne humeur s'est transformée en tragédie sanglante

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Des participants à la marche de la gay pride à Jérusalem, le 30 juillet 2015, devant des participants qui ont été poignardés (Crédit : Eric Cortellessa/Times of Israel)
Des participants à la marche de la gay pride à Jérusalem, le 30 juillet 2015, devant des participants qui ont été poignardés (Crédit : Eric Cortellessa/Times of Israel)

Le long des trottoirs en pierre sur la rue Keren Hayessod dans le centre-ville de Jérusalem, de nombreuses personnes – principalement des familles et des adolescents ; une foule habillée modestement loin du stéréotype de la plupart des marches de gay pride – ont défilé en solidarité avec la petite communauté LGBTQ de Jérusalem.

J’ai été chargé par le Times of Israel de couvrir la marche et de prendre des photos.

Me tenant à quelques centaines de mètres de nos bureaux de la rue Washington, assistant à ce qui semblait être un defilé de bonne humeur, j’entendis des cris depuis le centre de la foule. En me retournant, je vis une jeune fille allongée sur la chaussée. Elle était couverte de sang.

Je me retournai sur ma droite et vis une autre personne ensanglantée, un jeune homme, probablement âgé d’une vingtaine d’années, également à terre. A ma gauche, il y avait encore une victime – une jeune fille qui semblait aussi âgée d’une vingtaine d’années – entourée par d’autres manifestants tentant de la rassurer et de lui administrer les premiers soins.

Traces de sang après l'attaque au couteau lors de la marche de la gay pride à Jérusalem, le 30 juillet 2015 (Crédit : Stuart Winer/Times of Israel)
Traces de sang après l’attaque au couteau lors de la marche de la gay pride à Jérusalem, le 30 juillet 2015 (Crédit : Stuart Winer/Times of Israel)

Vers le bas de la rue Keren Hayessod, il y avait des gens courant vers le centre d’avenue, où la police avait plaqué au sol et a appréhendé l’agresseur – qui, comme il s’est avéré plus tard, est un homme ultra-orthodoxe libéré de prison il y a trois semaines après une peine de 10 ans pour une agression au couteau similaire en 2005, à la marche de la gay pride à Jérusalem.

Une femme blessée après l'agression au couteau à la marche de la gay pride à Jérusalem le 30 juillet 2015 (Photo: Eric Cortellessa / Times of Israel)
Une femme blessée après l’agression au couteau à la marche de la gay pride à Jérusalem le 30 juillet 2015 (Photo: Eric Cortellessa / Times of Israel)

Il a fallu environ cinq minutes pour que la première ambulance arrive.

La police a essayé de créer un cordon humain autour de chacune des victimes, empêchant l’essaim de marcheurs d’interférer avec les secours.

Les participants de la gay pride à Jérusalem fuyant l’assaillant au couteau Yishai Schlissel le 30 juillet 2015 (Les participants de la Gay Pride à Jérusalem fuient l’homme au couteau, Yishai Schlissel, le 30 juillet 2015 (Photo: Koby Shotz)

Les ambulanciers ont quitté la scène avec six blessés, dont deux dans un état grave. Une pause étrange a remplacé les sirènes, quand la scène a été dégagée et le chaos avait soudain disparu.

Et puis, il semblait y avoir une décision collective par beaucoup de reprendre la marche.

« Aussi douloureux que ce soit, nous devons continuer à marcher, » m’a confié Yonat Birin, une participante de 31 ans, avant qu’elle rejoigne la foule. « Cela montre l’importance de ce combat pour les gays et les lesbiennes. Nous devons continuer ».

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