Je ne me serais jamais imaginé dans la peau d’un journaliste sous couverture, mais lorsque j’ai lu la série d’articles d’investigation du Times of Israël sur le fléau que représente l’industrie largement frauduleuse des options binaires israéliennes, je me suis porté candidat à un travail dans l’une des nombreuses firmes qui pratiquent ce commerce.

J’avais lu dans les articles qu’il n’est pas toujours facile d’entrer en contact avec ces entreprises si vous êtes un client et que vous voulez récupérer votre argent, mais j’ai rapidement découvert qu’en revanche il n’est pas trop difficile d’y obtenir un emploi.

Leurs petites annonces sont partout et ces sociétés embauchent en permanence. Sur Facebook, il y a de nombreuses pages où les emplois sont offerts avec des descriptions à peine voilées du genre « Entreprise du milieu financier recrute manager pour gérer notre nouveau bureau de Tel Aviv ».

J’ai donc envoyé un courriel avec mon CV à l’agence appelée « Metamorpha Management » et qui recherchait des employés.

Deux jours plus tard, j’ai reçu un appel d’un numéro anonyme m’invitant à me rendre au bureau de l’entreprise située à Ramat Gan.

Dans la mesure où ma signature était apparue dans le Times of Israel, je me suis présenté sous le nom de Paulo Izico (un anagramme de mon nom).

J’ai déclaré que j’étais un serveur de 27 ans ayant déménagé à Tel Aviv par amour, et que j’étais désespérément en quête d’un emploi afin de rester en Israël auprès de ma petite amie. Je les ai leurrés.

Lors de ma première visite, j’ai réalisé que Metamorpha Management n’était pas un bureau de recrutement, mais la vitrine d’une entreprise de commerce d’options binaires appelée « St Binary ».

Les membres de l'équipe de St Binary tels qu'ils sont présentés sur le site. (Capture d'écran)

Les membres de l’équipe de St Binary tels qu’ils sont présentés sur le site. (Capture d’écran)

Après deux entrevues, et même si je leur avais annoncé ne pas être en possession d’un permis de travail et que j’avais été dans l’incapacité de leur montrer un document officiel, il semble que j’ai suffisamment impressionné le directeur du bureau pour qu’il suggère au directeur technique de me donner ma chance.

Ce qui a fait balancer les choses en ma faveur, je pense, cela a été les cinq minutes durant lesquelles je me suis assis en face à face avec le directeur technique, Joseph, dans son bureau aux murs nus, presque vide. Il m’a demandé de tenter de le persuader de parier sur le résultat d’un match de foot. Ces cinq minutes ont été l’occasion de tester mes compétences de vente – ce trait hautement recherché par ce genre d’entreprises, m’a expliqué le gestionnaire du bureau plus tard.

Les meilleurs candidats parlent un excellent anglais et ont une capacité de persuasion outrancière. Ils doivent être capables de vendre des réfrigérateurs à des esquimaux.

J’ai été invité à faire une journée d’essai. Un matin, peu de temps après, je me suis présenté dans le bureau, situé dans un immeuble minable de Ramat Gan.

On m’a fait m’asseoir dans une grande pièce en compagnie de 12 personnes, remplie d’ordinateurs et de téléphones, à côté de certains des meilleurs vendeurs de la firme.

Dans la salle, trois grands écrans de télévision diffusent les programmes de Bloomberg TV. Lorsque j’ai demandé à un agent commercial, Patrick, s’il était possible de baisser le volume, il a grommelé : « Non, le volume doit être fort ».

On m’a ensuite fait comprendre que le bruit de fond de la télévision aide à persuader les clients, à l’autre bout de la ligne téléphonique, qu’ils sont en train de discuter avec des experts internationaux travaillant dans un haut-lieu de la finance et du commerce, important et animé – et non pas dans une petite pièce située dans un immeuble indéfinissable de Ramat Gan, en Israël.

Pour des raisons similaires, les employés ne s’expriment qu’en anglais – y compris entre eux – et ils s’apostrophent en utilisant le faux nom à consonance anglo-saxonne qu’ils utilisent lors de leurs démarches commerciales. Un grand nombre des vendeurs ne sont pas anglophones de naissance et si, par malheur, ils laissent échapper un mot d’hébreu, ils se font alors réprimander par le responsable du bureau.

St Binary vu de l'intérieur (Crédit : Iacopo Luzi)

St Binary vu de l’intérieur (Crédit : Iacopo Luzi)

Les gens qui travaillent à mes côtés, dans la salle, sont assurément disparates.

Il y a ainsi un ultra-orthodoxe à la barbe grisonnante qui a posé sur son bureau une photo de ses six enfants avec les mots « Nous t’aimons » écrits dessus. Il y a aussi un homme aux yeux bleus, l’air sournois, doté d’un fort accent russe ; un vétéran de l’armée partiellement handicapé ; un homme aux allures d’adolescent et un hipster avec une longue barbe et des tatouages.

Ils semblent tous différents mais pourtant, ils sont tous motivés par le désir de gagner beaucoup d’argent, même s’il s’agit pour cela de tromper et de mentir si nécessaire.

Sur la douzaine de personnes dans la pièce, neuf environ sont chargées de réaliser des ventes – ce qui consiste à persuader des clients au téléphone d’investir de l’argent dans le commerce des options binaires tout en mentant sur leur identité, leurs expériences et les potentiels bénéfices réalisés.

Les trois autres sont des « courtiers en chef » – en charge de la gestion des comptes des clients, ils donnent leur avis sur les opérations que mènent ces derniers à partir de leurs ordinateurs personnels sur les plate-formes commerciales tout en incitant à d’autres dépôts.

Mon jour d’essai a coïncidé avec ce que les vendeurs appellent le « marathon » durant lequel les employés restent au bureau de 11 heures du matin à 1 heure du matin pour contacter le plus grand nombre de clients possible.

Les agents des vente boivent beaucoup de café et de boissons énergétiques, et le sentiment de tension dû à l’urgence est palpable. Sur un tableau figure le nom de tous les employés. Des colonnes offrent les détails de tous les dépôts qu’ils sont parvenus à obtenir.

Sur la base de mes conversations avec les agents de vente, j’ai appris qu’à St.Binary (auquel les employés font également référence sous le nom de Smith & Taylor Options), les vendeurs reçoivent un salaire de 5 500 shekels par mois (1440 dollars) plus un pourcentage sur chaque dépôt qu’ils reçoivent de la part de leurs clients respectifs : 20 dollars pour un dépôt de départ de 250 dollars (le minimum), 80 dollars pour un dépôt de 500 dollars et 120 dollars pour un dépôt de 1 000 dollars.

Techniquement, il n’y a pas de limites et les clients peuvent déposer le montant qu’ils souhaitent. Lorsque les agents commerciaux reçoivent le dépôt du client, ils hurlent et font sonner une cloche pour fêter l’événement dans le bureau.

« J’ai obtenu une fois un dépôt de 10 000 dollars », me dit Zack, l’un des « courtiers ». Une autre fois, me dit-il, « un client a ouvert un compte avec 250 000 dollars et l’agent commercial a obtenu un bonus de 25 000 dollars ».

Le vendeur peut atteindre une moyenne de 30 appels téléphoniques par heure. Utilisant un système qui masque le pays d’origine du numéro de téléphone, ils prétendent appeler depuis Zürich.

Ils contactent des clients dans le monde entier : Mexique, Italie, Pays-Bas, Finlande, Argentine, Australie, Maroc. Le jour où j’étais là, la majorité des appels visaient des clients potentiels habitant les Etats-Unis.

En les regardant travailler, j’ai eu le sentiment de me trouver dans un océan de requins guettant leur prochaine proie. Ce malaise a augmenté à de nombreuses reprises, notamment lorsque le responsable du bureau, Michael, a crié à Patrick, qui cherchait à conclure définitivement un dépôt et qui avait coupé le son de son côté de la ligne au milieu de la conversation : « Attrape ce f… de p… »

Après deux heures où je suis resté assis, observant et apprenant, l’un des vendeurs m’a demandé d’essayer de passer un appel en Italie.

Même si j’avais décidé au préalable de n’arnaquer personne, je savais que je serais amené à devoir téléphoner. J’ai eu de la chance. Le client potentiel, un italien répondant au prénom de Mario, n’a pas décroché. Je m’en suis bien sorti. Et lui aussi, du moins pour le moment.

‘Avant et après presque tous les appels téléphoniques, les agents commerciaux insultent frénétiquement les clients, apparemment pour se motiver’

Les clients que nous avons appelés semblent être des gens qui ont fourni leurs coordonnées après avoir vu une publicité ou une vidéo annonçant une opportunité de gagner de l’argent rapidement sur Internet. D’autres ont répondu à des campagnes de courriels.

Chaque vendeur a une longue liste de clients dont les informations personnelles sont lisibles sur les écrans de leurs ordinateurs individuels – prénom, nom, pays d’origine, numéro de téléphone, adresse et même numéro de sécurité sociale.

Le système informatique permet également souvent à l’entreprise de voir quels clients sont connectés à la plate-forme commerciale, tentant de faire des transactions. Les vendeurs passent les coups de téléphone en fonction des fuseaux horaires.

L’Asie et l’Australie dans la matinée, l’Europe et l’Amérique dans l’après-midi et le soir.

« C’est toujours plus facile de les convaincre lorsqu’ils sont en ligne sur la plate-forme, parce que cela veut dire qu’ils sont face à leur ordinateur et qu’ils ont la volonté de le faire. Quand ils sont hors-ligne, peut-être qu’ils sont occupés ou qu’ils travaillent et c’est toujours plus dur », m’a expliqué Patrick.

Après qu’un client a été convaincu de faire un premier dépôt, il – ou elle – est mis en relation avec l’un des courtiers – qui m’ont été décrits par les vendeurs comme des experts des marchés et du commerce mondiaux et qui font alors des « suggestions » d’investissements aux clients, les guidant à travers les processus de transaction.

Une femme âgée donne son numéro de carte de crédit au téléphone. Illustration. (Crédit : Istock Highway-starz photography)

Une femme âgée donne son numéro de carte de crédit au téléphone. Illustration. (Crédit : Istock Highway-starz photography)

Une fois que les clients ont fait un dépôt initial, un courtier va les prendre en charge – pour superviser leurs transactions et les convaincre d’investir encore davantage.

Les vendeurs préfèrent ne pas débattre des allégations selon lesquelles, dans le commerce des options binaires, l’objectif poursuivi par les firmes frauduleuses est de recommander toujours plus d’investissements jusqu’à ce que la malheureuse victime soit entièrement dépouillée de ses biens.

Mais Patrick, l’agent qui est assis à côté de moi, me donne une justification de base : « Je n’ai aucun intérêt à faire gagner de l’argent aux clients. Mon objectif ici, c’est d’obtenir des dépôts ».

Dans la pièce où j’ai passé ma journée entière, neuf personnes sont chargées de convaincre de nouveaux clients d’investir. Seules quelques-unes – les courtiers – ont la responsabilité de gérer les comptes et les dépôts des clients.

Le pire, au cours de mon observation des vendeurs et de leurs travail auprès des clients, a été de voir et d’entendre la manière dont ils parviennent à persuader des gens à entrer dans le marché des options binaires : Ils se montrent amicaux, mais insistants – persuasifs et non-avares de promesses, mais parfois menaçant à certains moments.

Parfois, les clients abandonnent simplement la partie, acceptant de confier de l’argent parce qu’ils sont épuisés face à cet acharnement obstiné.

Pour moi, qui ai entendu les discussions d’un côté et de l’autre de la ligne, j’ai entrevu une sorte de violence psychologique qui fonctionne particulièrement bien auprès des gens pauvres et désespérés.

Au cours des moments que j’ai passés aux côtés des vendeurs, j’ai entendu au moins 70 appels et seule une minorité de clients potentiels a raccroché sans avoir déposé de fonds – ou tout du moins promis de le faire.

La quasi-totalité des clients a malgré tout écouté ce que l’agent commercial avait à dire, probablement parce que c’est très exactement ce que les gens désirent entendre.

A l’occasion de plus d’un appel, lorsque les vendeurs se sont rendu compte que le client avait un compte bloqué pour les transactions internationales, ils ont demandé à ce dernier d’appeler l’établissement bancaire dont il dépendait pour débloquer les paiements.

« Ça va prendre cinq minutes », répétait le vendeur. « Je vous rappelle dans trente minutes ».

Avant et après presque tous les appels téléphoniques, les agents commerciaux insultent frénétiquement les clients, apparemment pour se motiver. « P… », crie l’un. « F… de P… », « Idiot ».

A certains moments, ils coupent le son du téléphone au milieu d’une conversation pour lancer une injure. « Je vais te voler tout ce que tu possèdes », s’écrit ainsi un agent, qui a coupé le micro du téléphone, au cours d’un appel.

Illustration. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Illustration. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Certaines des choses que j‘ai entendues ce mercredi-là me font penser que ces employés seraient capables de presque tout pour obtenir des dépôts de la part de leurs clients.

« Ça va changer votre vie », affirment-ils à leurs interlocuteurs au bout de la ligne. « Vous devez être un gagnant », « vous avez 70 à 80 % de chances de gagner ici », « est-ce que vous voulez rester pauvre et misérable pendant le reste de votre vie ? », « Vous allez gagner beaucoup d”argent ».

Je suis allé aux toilettes plusieurs fois parce que je ne pouvais plus supporter cela et que je devais m’isoler de ces déchaînements.

Patrick a contacté un jeune homme de 18 ans, originaire de Macédoine. L’adolescent n’acceptera pas de confier son argent. Frustré par son hésitation, Patrick a fini par glapir : « Tu vas crever de faim, va te faire f… ! » avant de raccrocher brutalement le combiné.

Lorsque je rappelle à Patrick que le jeune homme n’est qu’un adolescent, il me répond : « Je m’en fous ! Si tu veux vraiment faire ce boulot, tu ne dois pas penser aux gens, tu dois te foutre de tout le monde ».

« Je m’en fous ! Si tu veux vraiment faire ce boulot, tu ne dois pas penser aux gens, tu dois te foutre de tout le monde »

Les vendeurs rassurent toujours leurs clients et leurs clients potentiels sur le fait que St Binary est une entreprise réglementée et non frauduleuse comme les autres.

« Nous sommes des professionnels », affirment-ils fréquemment. « Nous faisons gagner des millions à nos clients chaque jour ».

« Les entreprises frauduleuses demandent habituellement un dépôt de 10 ou 20 dollars. Nous sommes une société sérieuse, c’est bien pour ça que nous demandons 250 dollars en mise de départ », dit Zack, le Russe, à un client.

Page du site Internet Beinary St. (Capture d'écran)

Page du site Internet Beinary St. (Capture d’écran)

Le Times of Israel a fait état de certaines ruses employées par les vendeurs des entreprises frauduleuses d’options binaires pour dérober l’argent de leurs clients : Se présenter de manière mensongère comme des experts de l’investissement financier, mentir sur leur identité et sur le lieu où ils se trouvent, prendre davantage d’argent que ce que le client a accepté grâce aux cartes de crédit, effectuer des transaction sans la permission préalable des clients, refuser de rendre les fonds confiés, manipuler les transactions par le biais de plateformes truquées.

Et je peux personnellement témoigner de cette usurpation de compétence professionnelle et du mensonge sur l’identité et la localisation exacte du lieu de travail.

Au cours de ma journée, on m’a demandé à plusieurs occasions de passer des appels à des clients. Certains sont restés sans réponse. Lorsque je suis finalement parvenu à joindre un Mexicain nommé Gutierrez, lui et moi avons eu de la chance. Il m’a indiqué ne pas avoir le temps de parler et il a raccroché.

J’ai passé des heures à tenter d’apprendre le système en observant le travail des vendeurs, ce qui est la manière habituelle de former les nouvelles recrues. J’ai également mangé beaucoup de pizzas avec mes « collègues », qui se sont montrés très amicaux à mon égard.

Hors contexte d’appel téléphonique, ils m’ont paru être des gens biens, des gens normaux, plaisantant et riant comme un groupe de bons camarades. Impossible de s’imaginer, en les prenant individuellement, que ces gens puissent gagner leur vie en mentant sur qui ils sont, sur l’endroit où ils travaillent, et apparemment, sur la destinée de l’argent de leurs clients.

Lorsque j’ai entendu une femme aux Etats Unis dire à un vendeur qu’elle demanderait un prêt à sa banque pour commencer à investir, je n’ai plus pu le supporter.

Mon cœur s’est mis à battre plus fort et, tandis que l’agent commercial s’était éloigné de son ordinateur, j’ai pris son adresse courriel. « Ne faites pas de transactions avec eux. Ce sont des escrocs », lui ai-je écrit plus tard.

A minuit, j’ai demandé à Michael, le chef du bureau, si je pouvais partir. « C’est bon », m’a-t-il dit. Il m’a indiqué qu’il m’appellerait le jour suivant pour me dire quand je devrais commencer.

Sans surprise, l’entreprise ne m’a jamais rappelé. Il faut dire que je n’ai pas paru être particulièrement doué pour le boulot.

Le Times of Israel a envoyé par courriel à St Binary une série de questions relatives à cet article :

1. StBinary est-elle une entreprise réglementée ? Si tel est le cas, où est-elle réglementée ?

2. Quelle est la nature des relations entre St Binary et Metamorpha Management ?

3. Est-il demandé aux vendeurs de mentir sur leurs noms, leurs expériences professionnelles et le lieu où ils se trouvent lorsqu’ils s’adressent aux clients et aux clients potentiels ?

4. Que doivent dire les vendeurs de St Binary à leurs clients au sujet des bénéfices potentiels qu’ils peuvent réaliser ?

5. Est-il vrai que St Binary utilise un système qui fausse les numéros de téléphone des vendeurs ?

Nous n’avons pas reçu de réponse.

Le Times of Israël a détaillé la fraude massive des entreprises israéliennes d’options binaires, en commençant en mars par un article intitulé « Les loups de Tel Aviv», et a estimé que l’industrie représente plus de 100 entreprises en Israël, dont la plupart sont frauduleuses et emploient diverses ruses pour voler l’argent de leurs clients.

Ces compagnies trompent leurs victimes en leur faisant croire qu’elles proposent des investissements lucratifs à court terme, mais dans l’écrasante majorité des cas, les clients finissent par perdre tout leur argent, ou presque et ce du jour au lendemain. Des milliers d’Israéliens travaillent dans ce domaine, qui aurait arnaqué des milliards de dollars à des victimes du monde entier pendant la dernière décennie.

Shmuel Hauser, président de l'Autorité des titres israéliennes, en 2014. (Crédit : Roni Schutzer/Flash90)

Shmuel Hauser, président de l’Autorité des titres israéliennes, en 2014. (Crédit : Roni Schutzer/Flash90)

Le bureau du Premier ministre a condamné en octobre les « pratiques sans scrupules » de l’industrie et a appelé à son interdiction dans le monde entier.

Shmuel Hauser, à la tête de l’Autorité boursière israélienne, a déclaré au Times of Israël que des consultations avaient commencé sur la structure d’une législation qui interdirait à toutes les opérations d’options binaires en Israël de cibler des clients à l’international (Les firmes israéliennes n’ont pas la permission de viser des clients au sein de l’état juif).

Les consultations se sont étendues au Procureur général Avichai Mandelblit et au gouvernement, a-t-il dit. En réponse aux articles du Times of Israël, la commission de Contrôle de l’Etat de la Knesset a organisé une session spéciale le 2 janvier sur l’échec du gouvernement à arrêter la fraude des options binaires.

La présidente de la commission, la députée Karin Elharar, du parti Yesh Atid, a demandé que la police commence à appliquer la loi contre les entreprises frauduleuses d’options binaires dès le prochain mois, et que l’Autorité des titres israélienne présente d’urgence un projet de loi permettant de fermer toute l’industrie. La police, conviée lors de la rencontre, n’est pas venue. Une réunion de suivi est prévue en date du 28 février.

Le FBI a expliqué au Times of Israël, ce mois-ci, qu’il menait l’enquête sur le marché des options binaires dans le monde entier et a invité les victimes et d’éventuels informateurs à le contacter.