Deux élues japonaises nouvellement promues par le Premier ministre conservateur Shinzo Abe ont affirmé lundi ne pas avoir de liens avec l’extrême-droite après la sortie de photos sur lesquelles elles posent séparément à côté du chef d’un parti néo-nazi.

La nouvelle ministre des Affaires intérieures et de la Communication, Sanae Takaichi, et Tomomi Inada, une responsable du Parti Libéral-Démocrate (PLD) présidé par M. Abe, y apparaissent avec Kazunari Yamada, chef du Parti National-Socialiste du Japon.

Ces photos, dont la légende dit qu’elles ont été prises entre juin et juillet 2011 lorsque M. Yamada a rendu visite à des élus, vont donner du grain à moudre aux dénonciateurs de la prétendue propension du chef du gouvernement à s’entourer d’extrémistes nationalistes.

Le site noir et rouge du parti de M. Yamada fait l’apologie d’Adolf Hitler, cite Jean-Marie Le Pen, ou fait les louanges des auteurs des attentats de 2001 sur les tours du World Trade Center aux Etats-Unis.

Dans une séquence vidéo, M. Yamada est vu portant une croix gammée stylisée au cours de manifestations de rue. Ce sigle est aussi présent en permanence derrière lui durant une longue interview également disponible sur son site.

Les porte-parole des deux parlementaires concernées ont reconnu lundi que les clichés étaient authentiques, mais disent qu’elles ont été piégées et nient tout lien politique.

« M. Yamada faisait office d’assistant pour une personne qui menait des entretiens (auprès d’élus) et prenait des notes et des photos », a expliqué à l’AFP un membre du personnel du bureau de Mme Takaichi. « Nous n’avions alors aucune idée de qui il était. Il a demandé à poser avec elle qui n’a pas refusé ».

Le bureau de Mme Takaichi a exigé, pour le moment en vain, que les photos soient retirées, ajoutant que la ministre « ne partageait pas du tout le point de vue de M. Yamada » qualifié de « nuisance ».

Un membre du personnel du bureau de Mme Inada a pour sa part affirmé que cette responsable du PLD ne souscrivait nullement à l’idéologie nazie.

Reste que ces photos alimentent les critiques sur le penchant nationaliste de M. Abe, une des raisons des frictions avec les pays voisins.

Le Premier ministre exaspère Tokyo et Séoul, surtout lorsqu’il fait un geste envers le sanctuaire Yasukuni de Tokyo ou tout autre lieu de mémoire considéré comme symbole du Japon impérialiste.

Mmes Takaichi et Inada sont toutes les deux des habituées du sanctuaire Yasukuni, où sont honorées les âmes de 2,5 millions de militaires morts pour la patrie, dont celles de 14 criminels de guerre condamnés par les Alliés.