Jean-Marie Le Pen, exclu du Front national mais toujours président d’honneur selon la justice, entend désormais faire son retour au siège du parti d’extrême-droite à Nanterre après une nouvelle victoire judiciaire, a-t-on appris jeudi de son entourage.

Le 17 novembre dernier, le tribunal de grande instance de Nanterre avait validé l’exclusion en août 2015 de M. Le Pen en tant que membre du parti qu’il a cofondé, mais jugé qu’il en restait néanmoins président d’honneur et qu’il devait à ce titre pouvoir accéder à ses locaux et exercer les prérogatives liées à sa fonction honorifique – participation aux instances dirigeantes, etc.

Le Front national avait fait appel de cette décision et avait également contesté son « exécution provisoire » – le fait qu’elle prenne effet immédiatement même en étant frappée d’appel.

Le procès en appel portant sur la question de fond, l’exclusion de M. Le Pen et sa présidence d’honneur, se tiendra dans les mois à venir devant la cour d’appel de Versailles. Aucune date n’est encore fixée.

Et sur la forme, le recours du FN qui cherchait à bloquer l’exécution immédiate du jugement de Nanterre a été retoqué jeudi par la même cour, selon une source judiciaire.

Si l’existence de ce recours n’empêchait pas Jean-Marie Le Pen de remettre le pied au siège du FN à Nanterre, il ne l’avait pas fait jusque-là, selon l’un de ses proches, Lorrain de Saint-Affrique. En revanche, il compte désormais s’y rendre, a déclaré celui-ci à l’AFP.

« Quand un recours est en cours, on le laisse se faire, on ne fait pas le forcing », a commenté l’avocat du « Menhir », Me Frédéric Joachim. « Jean-Marie Le Pen demande simplement de pouvoir venir et faire entendre son mot dans des commissions », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le FN avait essuyé mercredi un autre revers, avec le rejet par la Cour de cassation de son pourvoi contre la suspension de son congrès par correspondance censé supprimer la présidence d’honneur du parti. La justice avait jugé, par deux fois, à l’été 2015, que seul un congrès « physique » pouvait lui permettre de supprimer cette fonction.

« Apaisement et rassemblement sont les préalables aux succès électoraux », a réagi Jean-Marie Le Pen dans un communiqué. « Il faut maintenant panser les plaies d’une base militante meurtrie et en finir avec l’esprit d’exclusion. »