La municipalité de Jérusalem recherche les participants aux émeutes de cet été à Jérusalem-Est et leurs familles pour un examen supplémentaire des services municipaux.

Les employés municipaux vérifient si les noms et les numéros de cartes d’identité de ceux qu’ils rencontrent figurent sur une liste noire, rapporte Haaretz mardi. Le registre semi-officiel recense les résidents de Jérusalem-Est connus par la police pour avoir pris part à des manifestations violentes l’an dernier, en réaction à l’assassinat de Mohammed Abu Khdeir et à l’opération Bordure protectrice.

Pour ceux dont les noms figurent sur la liste, les responsables seraient chargés d’examiner les dossiers fiscaux, les permis de construire, les permis de commerce, etc. pour voir s’ils contiennent des irrégularités que la municipalité peut utiliser contre eux.

La municipalité aurait également enrôlé d’autres organismes gouvernementaux et administratifs à cette fin.

L’Institut national d’assurance et le ministère de l’Intérieur utilisent aussi ces listes pour cibler les émeutiers.

Certains de ceux qui figurent sur la liste, dont une copie est parvenue à Haaretz, sont mineurs, certains n’ayant que 11 ans. En plus des manifestants, la liste contient également les noms des dirigeants de la communauté arabe locale.

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, a affirmé dans le passé qu’il avait l’intention d’agir d’une main plus ferme envers les résidents de Jérusalem-Est, et son administration défend cette nouvelle tactique.

« En général, notons que c’est le devoir de la ville d’exiger de punir les violeurs du code du bâtiment, les envahisseurs de l’espace public, ceux qui ont des taxes municipales ou des factures d’eau impayées et autres », dit la municipalité dans un communiqué.

« Nous agissons uniquement selon notre autorité légale, conformément à la loi, avec le plein appui du conseiller juridique de la ville, et dans les zones qui nécessitent une sécurité supplémentaire pour les fonctionnaires – en coordination avec la police. »

« Beaucoup d’habitants de Jérusalem-Est se plaignent à la municipalité d’un maintien de l’ordre déficient, qui ne fait qu’encourager les criminels à prendre d’assaut les domaines privés et publics et à pourrir la vie des résidents voisins. Nos activités de maintien de l’ordre ont même suscité les éloges de la population », poursuit le communiqué. Mais certains s’interrogent sur la légalité de l’application des ordonnances de la ville.

« Si quelqu’un commet une violation de la circulation, vous l’emmenez au tribunal de la circulation. Vous ne pouvez pas le punir pour autre chose, palide Sami Arshid, un avocat qui représente souvent les Arabes de Jérusalem. C’est utiliser le droit administratif pour des considérations autres. C’est une punition collective qui s’oppose à l’esprit de justice. »

Michael Sfard, qui a récemment défendu sans succès l’OLP à New York, s’interroge également contre cette pratique. « Un système de maintien de l’ordre est censé accorder la priorité à des critères objectifs qui servent l’État de droit, et non des intérêts sécuritaires. »

« Plus que cela, c’est une persécution de personnes et un mauvais usage pur et simple du pouvoir gouvernemental. C’est le type de choses que nous observons dans les régimes non démocratiques. S’il existe bel et bien en Israël, il représente la pire espèce de corruption. »