La police de Jérusalem était en alerte pour les premières prières du vendredi du Ramadan, alors que des milliers de Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza ont convergé vers la capitale pour prier à la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple de la ville.

Des renforts de police ont été déployés dans la Vieille Ville de Jérusalem pour assurer la sécurité autour du site ultra sensible, le site le plus saint du judaïsme et le troisième endroit le plus saint de l’islam.

Le chef de police Roni Alsheich, à Jérusalem pour superviser les efforts des forces de l’ordre avant les prières, a déclaré que la police « fera tout son possible pour assurer la liberté de religion et de culte pour quiconque souhaite prier sur le site.

Alsheich a souhaité aux musulmans un « Ramadan Kareem » via Twitter.

« Notre devoir en tant que force de police de l’État d’Israël est de fournir des services à tous les citoyens de l’État où qu’ils se trouvent », a-t-il déclaré. « Notre objectif est de permettre le bon respect des fêtes et des vacances aux membres de toutes les communautés et religions, à chacun dans sa propre foi ».

Des milliers de policiers, de la police des frontières et des agents bénévoles patrouillaient dans les ruelles étroites et sinueuses de la Vieille Ville, ainsi que dans les quartiers et les villages de Jérusalem-Est, qui sont principalement arabes.

Parmi les mesures prises par Israël avant le Ramadan, le Cabinet a ordonné l’assouplissement des restrictions imposées aux Palestiniens de Cisjordanie qui cherchent à entrer à Jérusalem. Aucun permis n’est nécessaire pour les hommes de plus de 40 ans, les garçons de moins de 12 ans et les femmes qui souhaitent entrer à Jérusalem pour se rendre au site sacré. Une centaine de permis ont également été accordés aux résidents de Gaza contrôlée par le Hamas pour qu’ils puissent traverser le territoire israélien pour prier sur le site saint.

Tôt le matin, hommes et femmes en flots ininterrompus mais séparés se sont pressés au check-point israélien de Qalandiya, principal point de passage pour les Palestiniens entre la Cisjordanie et Jérusalem, pour rallier ensuite le mont du Temple, quelques kilomètres plus au sud.

Les Palestiniens traversent le point de contrôle de Qalandiya, à l'extérieur de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, alors qu'ils se dirigent vers la Mosquée d'Al-Aqsa dans la Vieille Ville de Jérusalem pour assister aux premières prières du Ramadan, le 2 juin 2017 (Crédit : Flash90)

Les Palestiniens traversent le point de contrôle de Qalandiya, à l’extérieur de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, alors qu’ils se dirigent vers la Mosquée d’Al-Aqsa dans la Vieille Ville de Jérusalem pour assister aux premières prières du Ramadan, le 2 juin 2017 (Crédit : Flash90)

Sous les bâches tendues pour protéger la foule du soleil déjà fort, beaucoup apportaient un tapis de prière, un chapelet et, pour certains, des chaises pliantes.

En retrait, des dizaines de jeunes hommes, interdits de passage, observaient le transit.

Kefaya Chrideh, 40 ans, venue de Naplouse, le visage ceint d’un foulard rouge, soulignait l’importance de ce premier vendredi de prière du ramadan à Jérusalem.

« C’est important pour nous de prier à al-Aqsa et de ne pas la délaisser car nous avons peur que les juifs la prennent », disait-elle, exprimant l’inquiétude répandue chez les musulmans palestiniens qu’Israël ne finisse par prendre le contrôle total du mont du Temple.

« C’est un devoir et une obligation religieuse de prier à al-Aqsa quels que soient les difficultés et les obstacles », abondait Abdeljawad Najjar, 61 ans, également venu de Naplouse.

Les Palestiniens traversent le point de contrôle de Qalandiya, à l'extérieur de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, alors qu'ils se dirigent vers la Mosquée d'Al-Aqsa dans la Vieille Ville de Jérusalem pour assister aux premières prières du Ramadan, le 2 juin 2017 (Crédit : Flash90)

Les Palestiniens traversent le point de contrôle de Qalandiya, à l’extérieur de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, alors qu’ils se dirigent vers la Mosquée d’Al-Aqsa dans la Vieille Ville de Jérusalem pour assister aux premières prières du Ramadan, le 2 juin 2017 (Crédit : Flash90)

Israël a à maintes reprises expliqué qu’il n’avait pas l’intention de changer ou qu’il n’envisageait pas de modifier les arrangements existants sur le site saint, qui ont été conclus dans un accord avec la monarchie jordanienne après la prise israélienne de la zone en 1967.

En vertu de l’accord, alors qu’Israël revendique la souveraineté sur la Vieille Ville et Jérusalem-Est, l’autorité administrative au dessus du mont lui-même est entre les mains du Waqf jordanien. Les Juifs sont autorisés à se rendre sur le site, mais de ne pas à y prier.