La Bibliothèque nationale israélienne doit signer ce mardi avec une grande institution russe un accord en vue de numériser et de publier une précieuse collection de manuscrits et de livres hébreux, mettant fin à une querelle d’un siècle sur la propriété du fonds.

La collection Guenzburg contient environ 2 000 manuscrits et 14 000 ouvrages religieux, scientifiques ou artistiques, dont certains ont plusieurs centaines d’années. Parmi eux figurent des travaux sur la Bible, la loi juive, les mathématiques et la philosophie.

En 1910, au moment de la mort de son propriétaire, le baron juif russe David Guenzburg, il s’agissait de « l’une des plus grandes et des plus importantes collections privées au monde », indique Aviad Stollman, responsable des collections à la Bibliothèque nationale d’Israël.

La veuve de l’orientaliste a vendu l’ensemble en 1917 à des juifs sionistes qui comptaient le transférer à Jérusalem à l’institution qui deviendrait plus tard la Bibliothèque nationale, mais la Première Guerre mondiale a contrecarré leur projet, dit M. Stollman à l’AFP.

Avec la Révolution russe, les autorités ont mis la main sur le fonds, ensuite confié à la Bibliothèque d’Etat de Russie, où il se trouve toujours.

En vertu de l’accord qui doit être paraphé mardi soir à Jérusalem, l’institution russe numérisera les oeuvres en haute résolution. Les photos seront remises à la bibliothèque israélienne qui les postera sur son site Ktiv (Ecriture), une vaste collection numérique de manuscrits hébreux de bibliothèques et collections à travers le monde.

Baron David Guenzburg (Crédit : domaine public)

La collection Guenzburg et les exemplaires uniques qu’elle contient étaient déjà accessibles aux chercheurs à la Bibliothèque d’Etat de Russie, et la bibliothèque israélienne avait pu créer des micro-films à son usage propre dans les années 1990.

Les Israéliens se sont employés pendant des années à essayer de récupérer la collection, mais les documents produits pour soutenir leurs prétentions à la propriété du bien « ne satisfont pas les Russes », selon M. Stollman.

Des discussions « aux plus hauts niveaux », impliquant jusqu’au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et au président russe Vladimir Poutine ont permis de parvenir à l’accord signé mardi soir, dit-il.

Après cet accord, savoir si des sionistes ont bien acheté la collection il y a cent ans « n’importe pas vraiment », dit-il. « Nous mettons la question de côté et nous allons de l’avant », ajoute-t-il.

« Notre objectif est de rendre ces manuscrits accessibles à tous gratuitement et partout à travers le monde », précise-t-il.

La Bibliothèque d’Etat de Russie, distincte de la Bibliothèque nationale, est l’une des plus grandes au monde.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président russe Vladimir Poutine à la résidence d’Etat Bocharov Ruchei de Sotchi, le 23 août 2017. (Crédit : Alexey Nikolsky/Sputnik/AFP)