Plusieurs dizaines de fidèles juifs se sont rassemblés lundi au Cénacle, à Jérusalem, pour s’opposer à la présence de pèlerins chrétiens venus pour la Pentecôte dans ce site sacré pour les trois monothéismes, et qui cristallise les tensions.

« Une trentaine de fidèles juifs se sont rassemblés pour prier, en présence du député Moshé Feiglin (membre du Likud, la droite nationaliste, ndlr) », a déclaré à l’AFP Louba Samri, une porte-parole de la police israélienne.

Les pèlerins chrétiens et les touristes présents ont été isolés par la police dans un coin de l’église, pendant que des militants juifs dansaient et priaient, a constaté un photographe de l’AFP.

Selon la tradition chrétienne, c’est à cet endroit, situé sur le Mont Sion, à l’extérieur des murailles de la Vieille ville, qu’a eu lieu la Cène, le dernier repas de Jésus avec ses apôtres, au cours duquel fut instituée l’eucharistie.

C’est là aussi que s’est déroulé, selon les Evangiles, la descente de l’Esprit saint à la Pentecôte, cinquante jours après Pâques. Ces deux événements marquent pour les chrétiens la naissance de l’Eglise.

Pour les juifs, l’édifice abrite le tombeau du roi David, vénéré depuis le 12e siècle. Et pour les musulmans, qui y avaient construit une mosquée, le site est considéré aussi comme un sanctuaire.

« Les chrétiens ont dit des prières sur la tombe du roi David (qui se situe à l’étage en-dessous du Cénacle, ndlr) et pour nous c’est un blasphème », a indiqué à l’AFP Shraga Brand, un fidèle juif venu prier contre la présence de chrétiens lors du dimanche de Pentecôte, qu’il a qualifiée de « provocation ».

Ces fidèles juifs, ultra-orthodoxes ou proche de la mouvance des colons radicaux, ont aussi accroché aux coins de la nef des pancartes accusant le gouvernement israélien d’avoir menti, selon eux, en assurant que le statu quo sur ce lieu saint sous autorité israélienne resterait inchangé.

En vertu de ce statu quo, les chrétiens ont libre accès au Cénacle, mais ne peuvent y célébrer que deux messes par an, pour le Jeudi saint et la Pentecôte. Ils demandent aujourd’hui à avoir l’usage du lieu.

Lors de son pèlerinage fin mai, le pape François y avait présidé une messe devant les responsables des diocèses et des ordres religieux de Terre sainte.

Des militants juifs extrémistes avaient alors multiplié les manifestations et les provocations, alléguant, en dépit des démentis officiels, qu’Israël voulait mettre secrètement fin au statu quo avec le Saint-Siège, à leur détriment.