La police a été mise en état d’alerte élevée et l’accès au mont du Temple a été ouvert mais limité le vendredi matin alors que Jérusalem se prépare à une nouvelle vague de violence après celle qui a secoué la capitale ces dernières semaines.

Un jour après qu’Israël ait déclenché la colère palestinienne et la condamnation internationale en fermant tous les accès au mont du Temple pour la première fois en une décennie, les officiels ont déclaré qu’ils réouvriraient le lieu saint pour les croyants musulmans, même si les hommes de moins de 50 ans ne pourraient pas aller sur le site.

L’annonce est venue alors que le Fatah palestinien de Mahmoud Abbas a appelé à un « Jour de Rage » pour protester contre la fermeture du mont du Temple la veille et la mort de Mutaz Hijazi, habitant de Jérusalem Est et suspecté d’être à l’origine de la tentative d’assassinat de l’activiste du mont de Temple Yehudah Glick mercredi soir.

Plus de 1 000 officiers de police ont été envoyés à proximité des points chauds de la capitale pour étouffer toute violence possible, explique-t-on dans les médias israéliens.

La police a déclaré avoir tué Hijazi après qu’il ait ouvert le feu lors d’une tentative d’arrestation. Pourtant, des officiels palestiniens ont affirmé qu’Hijazi avait été tué de sang-froid.

Adnan Gaith, le chef du fatah à Jérusalem, a qualifié le meurtre de « terrorisme ».

Hijazi a été enterré en dehors de la Vieille Ville de Jérusalem tard jeudi voir avec en présence d’un important dispositif policier afin d’éviter que l’enterrement ne se transforme en émeute, a expliqué un journaliste de l’AFP présent sur place.

Malgré une décision de justice limitant le nombre de parents et amis à 45, environ 300 personnes ont suivi sa dépouille jusqu’au cimetière. La police n’a pas tenté de les arrêter par la force.

Glick, un activiste originaire des Etats-Unis qui militait pour les droits juifs sur le mont du Temps, connu comme Haram al-Sharif pour les musulmans, a été touché par quatre tirs mercredi soir après avoir quitté une conférence à Jérusalem. Il était toujours dans un état grave jeudi soir.

L’attaque a renforcé les tensions dans la ville qui a été témoin de plusieurs semaines de troubles dans quelques quartiers sensibles, y compris des incidents avec des jets de pierres, des attaques de cocktail Molotov et des affrontements avec la police par des manifestants équipés de feux d’artifices.

La présence policière a été renforcée pour tenter de mettre un terme aux troubles qui ont commencé ce mois après qu’un Palestinien ait lancé sa voiture contre un arrêt de tramway en tuant deux personnes.

Jeudi, des émeutes sporadiques ont eu lieu à Jérusalem Est, y compris à Abu Tor, Jabel Mukaber et la Vieille Ville.

Le consulat américain à Jérusalem a déclaré qu’il interdirait à ses officiels d’entrer dans la Vieille Ville vendredi par peur des agitations, et a incité les citoyens américains à la prudence à Jérusalem Est.

Une grande partie de la colère dans la rue arabe est due à la fermeture du mont du Temple.

Un porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que la fermeture visait à « empêcher les émeutes et l’escalade, tout comme à ramener le calme et le statu quo dans les Lieux Saints ».