Jérusalem, qui représente un patrimoine commun pour toute l’humanité, « devrait être ouverte à tous » a déclaré lundi le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoğlu, critiquant certaines restrictions pour les déplacements des Arabes de Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Il a également affirmé que Jérusalem avait souffert de l’occupation depuis 1949, année où la guerre d’Indépendance a pris fin et Israël a signé des accords d’armistice avec ses voisins immédiats.

Donnant ce discours d’ouverture lors d’une conférence soutenue par l’ONU à Ankara sur « la question de Jérusalem », Davutoğlu a déclaré que « la protection de Jérusalem n’est pas seulement une responsabilité politique… c’est un devoir pour la conscience et l’histoire de l’humanité ».

« Le patrimoine culturel de Jérusalem est trop profondément enraciné pour le limiter à une seule religion et ethnie. Il est de notre devoir de protéger cette culture », a-t-il ajouté.

« Jérusalem devrait être transformée en un espace commun de paix plutôt que d’une zone de conflit… pas seulement les musulmans mais aussi toute l’humanité devraient moralement s’opposer à la démarche visant à la fermeture d’Al-Aqsa ».

Israël, qui contrôle l’accès au mont du Temple sur lequel se ​​trouve la mosquée Al-Aqsa, interdit parfois les hommes musulmans âgés de 18 à 40 ans d’accéder au site pendant les périodes de troubles politiques.

Davutoğlu a déclaré que « personne ne peut prendre des décisions unilatérales sur Jérusalem et les mettre en œuvre », car cela reviendrait à « dynamiter » les efforts de paix.

« Jérusalem est un territoire occupé selon le droit international », a-t-il affirmé. « Les gens qui vivent à Jérusalem subissent toutes les conséquences de cette occupation. Nous avons tous été témoins des souffrances depuis 1949 ».

Selon le quotidien turc Zaman, Davutoğlu a affirmé qu’« empêcher les musulmans de Ramallah et de Gaza de se rendre à Jérusalem consiste à mettre un mur entre l’histoire humaine et les humains ».

Et d’ajouter que « certains veulent transformer Jérusalem comme le centre d’une religion… mais nul ne peut agir pour détruire l’identité islamique de Jérusalem ».

Davutoğlu s’exprimait à la « Réunion internationale sur la question de Jérusalem », une conférence hébergée par le gouvernement turc, le Comité des Nations unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, et l’Organisation de la coopération islamique.

« La zone connue comme Jérusalem Ouest a été conquise par le jeune Etat d’Israël pendant la guerre d’Indépendance de 1948 à 1949. Pendant la guerre de Six-Jours en 1967, Israël a repris Jérusalem Est à la Jordanie ainsi que la Cisjordanie. »

« En 1980, Israël a officiellement annexé Jérusalem-Est et s’est fortement agrandie, un mouvement non reconnu par la communauté internationale. »

Israël et la Turquie jouissaient autrefois d’une étroite collaboration, mais les relations se sont détériorées depuis l’incident du Mavi Marmara 2010, qui a vu huit ressortissants turcs tués par l’armée israélienne lors d’une altercation à bord d’une flottille tentant de briser le blocus israélien sur Gaza.

Suite à une intervention directe du président américain Barack Obama en 2013, les relations se sont améliorées, et selon des rapports récents, un accord serait imminent sur des réparations israéliennes aux familles des victimes du Mavi Marmara, ouvrant la voie à une réconciliation.