Un haut responsable de l’ONU et la diplomatie américaine ont réclamé mardi aux autorités israéliennes une enquête impartiale sur la mort de deux jeunes Palestiniens, tués le 15 mai en Cisjordanie pendant des manifestations.

« L’ONU demande que les autorités israéliennes mènent une enquête indépendante et transparente sur ces deux décès et presse Israël de s’assurer que ses forces de sécurité respectent strictement les principes de base sur l’utilisation de la force et des armes à feu par les responsables des forces de l’ordre », a déclaré le secrétaire général adjoint pour les affaires politiques, Oscar Fernandez-Taranco.

« Il est très préoccupant de constater que les premières informations semblent indiquer que les deux Palestiniens tués étaient sans armes et ne semblaient représenter aucune menace directe », a-t-il souligné.

M. Fernandez-Taranco faisait le point mensuel de la situation au Proche-Orient devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

Les Etats-Unis, alliés d’Israël, ont eux aussi, par la voix du département d’Etat, « encouragé » le gouvernement israélien à « conduire une enquête rapide et transparente afin de déterminer (…) si oui ou non l’usage de la force était proportionnel à la menace posée par les manifestants ».

Les deux jeunes, âgés de 16 et 17 ans, ont été tués lors des manifestations pour la commémoration « Nakba » (catastrophe en arabe), le nom donné par les Palestiniens à la création d’Israël en 1948 et à la tragédie des réfugiés qui a suivi.

Une dirigeante de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hanan Ashrawi, a accusé mardi l’armée israélienne d’être coupable de « l’exécution délibérée des deux adolescents », après la diffusion d’une vidéo de leur mort par l’ONG « Défense des Enfants-International ».

La vidéo montre deux jeunes Palestiniens marchant près de l’ombre d’un bâtiment avant de s’effondrer subitement, apparemment atteints par des tirs.

Un porte-parole militaire israélien, le commandant Arye Shalicar, a indiqué que l’enquête de l’armée sur ces morts n’avait pas à ce stade « établi de tirs à balles réelles ». « Ce film a été monté et ne reflète pas la réalité de la journée en question, de la violence », a-t-il ajouté.

Amnesty International avait accusé les forces israéliennes « d’usage excessif de la force, y compris mortelle, en riposte à des lanceurs de pierres qui ne pouvaient pas constituer une menace pour la vie des soldats et des policiers dans ou autour du camp militaire fortifié ».