Le secrétaire d’État américain John Kerry n’a pas approuvé le plan du ministre de la Construction et du Logement Uri Ariel, visant à construire 1 400 nouveaux logements au-delà de la Ligne verte, a déclaré un responsable américain à Washington mardi 14 janvier – contrairement à ce qu’affirme le ministre israélien.

« Notre position sur les colonies n’a pas changé, et nous avons toujours fait savoir notre objection publiquement et directement aux Israéliens », indique un responsable américain dans un communiqué.

« Nous n’avons ni coordonné, ni convenu aucun accord concernant ces colonies », a-t-il souligné. Il ajoute qu’Uri Ariel n’était « pas en mesure » de décrire toutes les conversations qui se seraient tenues entre lui et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Réponse du ministre israélien : « Même si les États-Unis ne sont pas satisfaits des projets de construction, ils se poursuivront. Les États-Unis sont nos plus proches amis, mais nous sommes mécontents de leur comportement », a déclaré Uri Ariel lors d’une interview donnée à Israel Radio.

Le ministre du Logement et de la Construction Uri Ariel (Crédit Abir Sultan Flash 90)

Le ministre du Logement et de la Construction Uri Ariel (Crédit : Abir Sultan/Flash 90)

La décision du ministère du Logement et de la Construction a été annoncée de manière officielle vendredi 10 janvier. Selon le porte-parole du ministère, Arik Ben Shimon, 801 unités ont été approuvées pour les colonies de Cisjordanie, dont 227 à Efrat, 169 à Elkana et 40 à Ariel. Quant au quartier de Ramat Shlomo à Jérusalem, situé derrière la Ligne verte, il se verrait attribuer 600 autres unités.

En décembre dernier, Israël a libéré 26 prisonniers palestiniens dont la plupart ont été reconnus coupables d’avoir tué des civils et des soldats israéliens. Cette libération faisait partie des accords conclus l’été dernier entre l’Autorité palestinienne et le gouvernement israélien lorsque les pourparlers avaient repris grâce à l’impulsion des efforts de John Kerry.

Toutefois, cette libération n’a pas été annoncée en décembre, mais seulement une fois que le secrétaire d’Etat américain avait quitté la région, à savoir la semaine dernière.

Le porte-parole du département d’État des États-Unis, Jen Psaki, a confirmé vendredi 10 janvier les propos de John Kerry, à savoir que les Etats-Unis n’ont jamais considéré les colonies comme légitimes.

Selon un communiqué publié par l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), « cela montre clairement la volonté d’Israël de détruire le processus de paix et sa façon d’imposer un système d’apartheid », indique le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat.

« L’annonce récente par le gouvernement israélien de la construction de nouvelles colonies dans la Palestine occupée est une gifle devant les efforts de John Kerry et il s’agit d’un message clair de la part du Premier ministre israélien à l’égard de ce dernier : « Ne pas poursuivre vos efforts de paix », » poursuit le communiqué.

Tzipi Livni (gauche), John Kerry (centre) et Saeb Erekat (Crédit State Department)

Tzipi Livni (gauche), John Kerry (centre) et Saeb Erekat. (Crédit : State Department)

« Nous appelons les Etats-Unis et l’ensemble de la communauté internationale à faire davantage d’efforts en vue de mettre fin aux objectifs israéliens visant à détruire les chances d’une possible solution à deux Etats », peut-on lire dans le communiqué.

Point de vue israélien : il s’agirait davantage d’une politique immobilière qui tend à réduire le coût du logement à une échelle nationale. Selon un membre du parti politique présidé par l’actuel ministre de l’Economie Nephtali Benett et dont fait partie Uri Ariel, la politique de construction « a engendré une rapide croissance dans le domaine de la construction qui se situe désormais à un taux annuel de 43 000 [nouveaux] appartements. »

Il promet de maintenir, voire d’augmenter le rythme des constructions de logements « dans tout le pays… afin d’apporter un net changement dans le coût des appartements. »