Jonathan Safran Foer, romancier juif américain, a déclaré que ses amis israéliens ne souhaitaient plus élever leurs enfants dans un pays qui s’exclut du monde occidental, et encourage ainsi les boycotts à son encontre.

Foer, 40 ans, l’un des auteurs de fiction juifs les plus connus au monde, a critiqué Israël pendant un entretien avec l’hebdomadaire juif suisse Tachles, qui a été publié la semaine dernière.

Selon la traduction allemande de l’entretien, mené en anglais, Foer a déclaré que, sous le Premier ministre Benjamin Netanyahu, « Israël s’est de plus en plus exclu du reste du monde occidental, ce qui a déjà entraîné, entres autres, des boycotts universitaires. »

Tachles n’a pas fourni à JTA la transcription anglaise de l’entretien.

Beaucoup de partisans d’Israël pensent que la promotion du boycott d’Israël, qui est illégal en Espagne et en France, est une tactique discriminatoire, qui n’est pas liée aux actes d’Israël.

Foer a également déclaré pendant l’entretien que ses « nombreux très bons amis en Israël » sont « fatigués » d’y vivre. Ils « aiment leur pays et mourraient pour lui, mais ils ne veulent plus que leurs enfants y grandissent », a déclaré Foer.

« Si Israël devient encore plus fondamentaliste, comme ses voisins, ce sera au coût du rêve que de nombreux Juifs avaient en fondant l’Etat d’Israël et ont encore aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion du cabinet dans ses bureaux, à Jérusalem, le 19 février 2017. (Crédit : Dan Balilty/Pool/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion du cabinet dans ses bureaux, à Jérusalem, le 19 février 2017. (Crédit : Dan Balilty/Pool/AFP)

La semaine dernière également, Foer avait accordé un entretien au quotidien milanais La Repubblica, dans lequel il affirmait que Netanyahu « met en danger l’existence d’Israël », selon la traduction italienne. Netanyahu, selon Foer, contribue à la formation d’une solution à un état au conflit israélo-palestinien, au lieu d’une solution à deux états, qui est la seule possible pour Foer.

Si le président américain Donald Trump soutient cette option, « il existe un risque d’apartheid pour les Palestiniens », a déclaré Foer. Il a ajouté que l’attitude de Trump « envers les minorités et les journalises […] semble terrifiante. »

Trump a constamment démenti tout préjugé contre les minorités. Netanyahu a déclaré qu’il préférait la mise en place d’un état palestinien avec des restrictions sécuritaires à sa souveraineté, et a accusé les Palestiniens d’éviter les négociations en demandant des conditions préliminaires avant toute discussion.

Pendant un récent entretien accordé au Guardian, le fameux auteur israélien A.B. Yehoshua avait rejeté l’utilisation du terme apartheid pour décrire la situation en Israël, et remis en cause la possibilité que la solution à deux états était la seule viable.

« Nous devons repenser la solution à deux états », a-t-il déclaré au Guardian, qui l’a décrit comme l’un des « trois ténors » de la littérature israélienne. « Nous répétons tout le temps ‘deux états, deux états, deux états’ depuis 45 ans. Nous ne pouvons pas simplement le répéter. » Yehoshua a proposé d’annexer la zone C de Cisjordanie, où vit moins de 10 % de la population palestinienne de la région, ainsi que quasiment tous les Juifs de Cisjordanie.

Yehoshua a indiqué que le changement perçu vers la droite de la société israélienne n’était pas dû à Netanyahu, mais à ce qu’il a décrit comme un désintérêt de la part des citoyens de gauche pour la promotion de leur idéologie.

« J’accuse notre camp d’avoir abandonné l’idéologie », a-t-il déclaré. Alors que le mouvement des implantations travaille à la promotion de sa vision, la nouvelle génération d’intellectuels de gauche, « au lieu de traiter le sujet palestinien, ils jouent ou écrivent une histoire. Toute leur énergie va à la culture. »

Il a ajouté qu’ils « ne sont pas bien préparés à se battre contre l’idéologie qui vient de l’autre camp. »