Dix personnes, dont une touriste canadienne, ont été tuées dimanche près d’un site touristique du sud de la Jordanie lors d’attaques perpétrées par des hommes armés non identifiés. Quatre assaillants ont été abattus après plusieurs heures de traque.

Sept policiers, deux civils jordaniens et une touriste canadienne ont perdu la vie et 27 personnes, des policiers et des civils dont un Canadien, ont été blessées dans une série de fusillades à Karak, selon la Sûreté générale.

Cette ville réputée pour sa citadelle croisée du XIIe siècle, l’une des plus grandes de la région, est située à 120 km au sud d’Amman. Sa forteresse est décrite par l’Office du tourisme jordanien comme un « labyrinthe de pièces voûtées et de couloirs infinis ».

Une source de sécurité a indiqué que quatre assaillants qui s’étaient réfugiés dans la citadelle avaient été tués par les forces de sécurité après plusieurs heures de confrontation.

Il n’était pas clair dans l’immédiat si ces quatre hommes neutralisés étaient les seuls responsables de la série d’attaques, qui n’ont pas été revendiquées.

Le Premier ministre Hani Mulqi avait en effet affirmé plus tôt dans la journée que dix hommes armés se trouvaient retranchés dans la forteresse presque millénaire alors que la Sûreté générale évoquait l’implication dans les attaques de « cinq ou six hommes armés ».

D’après la Sûreté générale, la première attaque a eu lieu quand une patrouille de police s’est rendue dans une maison de Karak où un incendie avait été signalé.

‘Peur de partir’

« Sur place, des hommes armés non identifiés qui étaient à l’intérieur de la maison ont ouvert le feu sur la patrouille, blessant un policier, puis se sont enfuis en voiture », selon le communiqué de la Sûreté générale cité par l’agence officielle Petra.

Des hommes armés ont ensuite ouvert le feu sur une autre patrouille, sans faire de victimes, et des tirs visant le commissariat de Karak ont également été entendus depuis l’intérieur de la citadelle, d’après le communiqué.

Les forces de sécurité ont alors lancé la traque contre plusieurs hommes armés retranchés dans la citadelle.

Une source de sécurité a indiqué que des gens avaient eu peur de quitter un des premiers niveaux de la forteresse quand ils ont entendu des échanges de tirs entre les assaillants et les forces de sécurité, démentant des informations de presse selon lesquelles ils avaient été pris en otage.

« Nos pensées sont avec les proches de toutes les victimes, y compris de la Canadienne qui a été tuée et avec le ressortissant canadien qui a été blessé dans l’odieuse attaque en Jordanie », a déclaré un porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la conférence diplomatique du Jerusalem Post, à Jérusalem, le 23 novembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la conférence diplomatique du Jerusalem Post, à Jérusalem, le 23 novembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Lundi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a condamné l’attentat. « Au nom du peuple d’Israël, je condamne fermement l’attaque terroriste d’hier en Jordanie », a-t-il déclaré.

« Nous transmettons nos sympathies aux familles des victimes, et souhaitons aux blessés un prompt rétablissement. »

Saisie d’explosifs

Lundi, les autorités jordaniennes ont annoncé la saisie d’explosifs et d’armes dans la maison où quatre hommes armés ont préparé les attaques.

Elles n’ont toutefois fourni aucune indication sur l’identité et les motivations des quatre assaillants, mais selon une source de sécurité interrogée par l’AFP, ces hommes étaient des « Jordaniens membres d’une cellule terroriste » et ils « sont soupçonnés d’être liés à Daech », acronyme arabe du groupe terroriste Etat islamique (EI).

La Sûreté générale a de son côté affirmé dans un communiqué qu’une « grande quantité d’explosifs, des ceintures explosives et des armes automatiques [avaient] été saisies » dans une maison où les quatre assaillants avaient préparé leur opération.

Ces attaques, au cours desquelles 34 policiers et civils, dont un Canadien, ont été blessées d’après la Sûreté générale, n’ont pas été revendiquées.

Elles ont été unanimement dénoncées par les médias jordaniens. Des journaux titraient en une : « La Jordanie vaincra le terrorisme » ou « Le royaume restera une citadelle contre le terrorisme ».

A Ottawa, le gouvernement canadien a qualifié d' »odieuses » les attaques de Karak.

L’ambassade du Canada en Jordanie a appelé ses ressortissants à ne pas se rendre dans cette région du pays.

Karak est réputée pour son château croisée du XIIe siècle, l’un des plus grands de la région, à 120 km au sud d’Amman.

Il n’était pas possible de déterminer dans l’immédiat qui était responsable de ces attaques mais la Jordanie a été visée par des attaques de groupes islamistes dans le passé.

La Jordanie, membre de la coalition internationale antijihadistes qui bombarde le l’EI en Syrie et en Irak depuis 2014, a plusieurs fois été la cible d’attentats menés par des groupes islamistes.

En juin, un attentat suicide revendiqué par l’EI avait ainsi coûté la vie à sept gardes-frontières jordaniens près de la frontière avec la Syrie.

La cité antique de Petra, le 13 juin 2016. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)

La cité antique de Petra, le 13 juin 2016. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)

Ces attaques interviennent dans un contexte où la Jordanie tente désespérément de relancer le tourisme, un secteur clé de son économie (14 % de son PIB en 2015) et qui représente sa deuxième source de devises après les transferts d’argent des expatriés.

Jusqu’à ces dernières années, des sites comme la ville nabatéenne de Petra, l’une des sept merveilles du monde, ou le désert du Wadi Rum attiraient des centaines de milliers de touristes.

Mais les visiteurs les ont désertés, effrayés par les troubles liés aux révoltes dans le monde arabe de 2011 et les conflits dans des pays frontaliers du royaume.