Le numéro deux des Frères musulmans en Jordanie, Zaki Bani Irsheid, a été arrêté après avoir critiqué avec virulence les Emirats arabes unis pour avoir classé le mouvement islamiste sur leur liste noire, a indiqué une source judiciaire vendredi.

M. Bani Irsheid, dont le mouvement est le principal parti d’opposition dans le royaume, a été convoqué jeudi soir tard par le procureur de la sécurité de l’Etat jordanien qui a ordonné son arrestation, a-t-elle précisé.

« Le procureur a décidé de le placer en détention pendant une période de 15 jours renouvelable pour avoir critiqué sur sa page Facebook les Emirats et leur liste de groupes terroristes », un acte « susceptible de porter atteinte aux relations entre le royaume et un pays frère », selon la même source.

M. Bani Irsheid a qualifié sur Facebook le gouvernement émirati de « premier parrain du terrorisme ».

« Les Emirats joue le rôle de policier américain dans la région et (…) servent le projet sioniste (…) Ils agissent contre les mouvements de libération nationale, soutiennent les coups d’Etat et financent les groupes d’espionnage », a-t-il ajouté en appelant à « chasser » ce pays du Conseil de coopération du Golfe, de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique.

Les Emirats et la Jordanie participent à la coalition antijihadistes dirigée par les Etats-Unis, en menant des frappes contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie, ravagée par la guerre civile.

Le 15 novembre, les Emirats ont publié une liste d' »organisations terroristes » recensant 83 groupes islamistes internationaux, dont Al-Qaïda, l’EI et les Frères musulmans. L’Arabie saoudite a publié en mars une liste similaire où figuraient aussi ces organisations.

La confrérie des Frères Musulmans, fondée en Egypte en 1928, est le mouvement le plus ancien et le plus représentatif de l’islamisme sunnite. Elle a de nombreuses branches en Europe et dans les pays arabes.

Les Frères musulmans ont été interdits en Egypte après la destitution en juillet 2013 par l’armée du président Mohamed Morsi, issu de ce mouvement, ainsi qu’en Arabie saoudite.

Ils sont l’incarnation de l’islam politique et sont considérés comme une menace par plusieurs régimes dans la région.