La chambre basse du Parlement jordanien, révoltée par la mort d’un juge tué cette semaine par des soldats israéliens, a demandé mercredi au gouvernement de libérer un soldat qui avait tué sept fillettes israéliennes en 1997.

« Nous demandons que le gouvernement relâche le soldat jordanien Ahmad Dakamseh de prison », ont appelé dans une résolution non contraignante les 150 membres de la chambre basse.

En 1997, M. Dakamseh avait ouvert le feu sur un groupe de fillettes israéliennes alors qu’elles visitaient Baqura, une localité jordanienne près de la frontière israélienne.

Il avait tué sept fillettes et blessé cinq autres, ainsi qu’un professeur, et avait été condamné à la prison à vie dans son pays. Ses motifs n’ont jamais été clairs.

« Nous demandons aussi que le gouvernement expulse l’ambassadeur israélien en poste à Amman et rappelle l’ambassadeur jordanien en Israël en réponse au meurtre du juge jordanien Raed Zeiter », ajoutent les parlementaires.

« Ce qui s’est passé prouve qu’Israël est un pays raciste qui ne veut pas la paix », est-il encore indiqué dans la résolution.

Les parlementaires ont donné au gouvernement jusqu’à mardi pour accepter leurs demandes, faute de quoi ils menacent de voter une motion de défiance contre le Premier ministre Abdallah Nsour.

Des versions différentes ont été données sur les circonstances de la mort lundi du juge jordanien d’origine palestinienne Raed Zeiter, 38 ans, au point de passage du pont Allenby entre la Cisjordanie occupée et la Jordanie.

L’armée israélienne a affirmé que le juge avait attaqué les soldats et tenté de prendre l’arme d’un militaire. En revanche, sa famille et un centre palestinien des droits de l’Homme ont soutenu qu’il avait été tué de « sang-froid ».

Malgré des « regrets » publics israéliens, le Premier ministre jordanien Abdallah Nsour a attribué mardi au gouvernement israélien « l’entière » responsabilité de ce « crime hideux ».

Les relations se sont déjà tendues récemment entre Israël et la Jordanie, liés par un traité de paix depuis 1994.

M. Nsour avait prévenu fin février que son pays pourrait demander une révision du traité de paix, après un débat en Israël sur « l’application de la souveraineté » israélienne sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, dont le royaume hachémite est le gardien.