L’opposition islamiste en Jordanie a appelé mardi à un gel, voire à un abandon du traité de paix de 1994 avec Israël, alors que le Parlement israélien doit débattre d’un projet de loi prévoyant une « souveraineté israélienne » sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem.

Le royaume hachémite, deuxième pays arabe après l’Egypte à avoir signé un traité de paix avec l’Etat hébreu, est le gardien des lieux saints musulmans de Jérusalem.

« Nous pressons le gouvernement de répondre à la demande du peuple, qui a appelé de façon répétée à un gel voire à une annulation du traité de paix. Si cela ne se produit pas, l’ennemi va poursuivre son agression contre la Jordanie et la Palestine », a affirmé le Front de l’action islamique (FAI) dans un communiqué.

« Le débat prévu ce jour prouve que la politique de la Jordanie de traiter avec l’ennemi a échoué », a-t-il poursuivi.

Le Parlement israélien doit débattre dans la soirée d’un projet de loi du député Moshé Feiglin, membre du Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, prévoyant « l’application de la souveraineté israélienne » sur l’esplanade des Mosquées, le troisième lieu de l’islam.

Aucun vote n’est prévu à l’issue du débat.

Netanyahu a fait savoir qu’il était totalement opposé à cette initiative qui n’a, selon les commentateurs, aucune chance d’aboutir faute de soutiens suffisants.

Mais le chef du gouvernement israélien redoute que le débat suscite la colère de la Jordanie et des Palestiniens au moment où les Etats-Unis s’efforcent d’obtenir un accord de paix au Proche-Orient.

Le gouvernement jordanien n’a pas réagi dans l’immédiat.

Mardi matin, quelques heures avant le débat, l’esplanade des Mosquées a été le théâtre de heurts entre manifestants palestiniens et policiers israéliens, qui ont fait plusieurs blessés.

L’esplanade des Mosquées, que les musulmans appellent le « Noble sanctuaire » (Haram al-Charif) et les juifs le « mont du Temple », en référence au second Temple juif détruit par l’Empire romain en l’an 70, est source de tensions quasi quotidiennes entre les deux communautés, le site étant considéré comme sacré à la fois par les juifs et les musulmans.