Le principal parti de l’opposition islamiste jordanien a menacé samedi de poursuivre en justice les signataires d’un accord gazier controversé prévu avec Israël, qui fait polémique dans le royaume.

Le Front de l’Action islamique (FAI), vitrine politique des Frères musulmans en Jordanie, a indiqué dans un communiqué sur son site internet qu’il « rejette fermement l’accord en question sous n’importe quelque prétexte politique ou économique et s’engage à poursuivre en justice tous ceux qui donnent leur aval ou signent un tel accord ».

Le gouvernement « s’entête à aller à l’encontre de la volonté populaire, à maintenir des rapports suspects avec l’entité occupante (Israël) et à conclure un tel accord », a encore déploré le FAI.

Depuis plusieurs semaines, une polémique enfle en Jordanie au sujet de cet accord gazier prévu avec Israël, ses détracteurs rejetant toute coopération avec un pays qu’ils considèrent encore comme un « ennemi », 20 ans après le traité de paix israélo-jordanien.

L’accord de 15 milliards de dollars ferait d’Israël le principal fournisseur en gaz du royaume, extrêmement dépendant sur le plan énergétique, pour les quinze prochaines années. Mais il permettrait aussi de mettre fin à la dépendance jordanienne du gaz égyptien et diminuerait les dépenses énergétiques annuelles du pays d’environ deux milliards de dollars.

Aucune date n’a été fixée pour la signature de cet accord qui doit encore être soumis à l’approbation du gouvernement jordanien.

C’est en septembre que les exploitants du champ de gaz naturel israélien Leviatan ont signé le protocole d’accord avec Amman qui prévoit la vente de 45 milliards de m3 –au total sur toute la période– de gaz à la Compagnie électrique nationale jordanienne.

Le Parlement a tenu le 9 décembre une session consacrée à cet accord controversé après la signature par 79 députés sur 150 d’une pétition réclamant son annulation, alors que les Jordaniens, dont environ la moitié sont d’origine palestinienne, continuent de rejeter toute normalisation avec Israël.

Cet accord constituerait le plus important partenariat entre Israël et la Jordanie depuis leur accord de paix en 1994.

Défendant le projet, le ministre de l’Energie Mohamed Hamed affirme qu’il « ne menace pas l’avenir du royaume et ne rend pas son économie otage d’un quelconque pays ».

Les Frères musulmans avaient déjà condamné et rejeté un tel accord susceptible selon eux, de « soutenir l’économie de l’ennemi sioniste, de contribuer à sa politique de meurtre de nos proches en Palestine et de prolonger son occupation détestable ».