En l’absence de joueurs juifs ou israéliens au Brésil, le directeur colombien Jose Pekerman serait le seul représentant juif dans la Coupe du Monde.

Le tournoi de Pekerman a commencé à Belo Horizonte samedi, quand la Colombie a battu la Grèce 3-0 dans le match d’ouverture du Groupe C.

Avec les matchs en perspective contre le Japon et la Côte-d’Ivoire, Pekerman, 65 ans, se retrouvera probablement sans emploi s’il ne peut mener aux 8e de finale l’équipe considérée comme la plus faible de la phase d’ouverture. À l’heure actuelle, Pekerman, né en Argentine, est une personnalité populaire en Colombie.

En janvier 2012, il a hérité d’une équipe en difficulté dans les matchs d’ouverture de la campagne de qualification pour la Coupe du Monde. Habile tacticien, il a redynamisé son équipe et grâce à lui, la Colombie participe à sa première Coupe du Monde depuis 1998. Dès le lendemain de la qualification de la Colombie pour le Brésil, Pekerman a obtenu la citoyenneté colombienne comme un symbole de gratitude du peuple colombien.

Mais les fans de football ont la mémoire courte, et Pekerman ne saurait trop se souvenir que le capitaine colombien André Escobar a été abattu par un fan furieux à son retour, pour avoir marqué un but contre son camp à la finale de la Coupe du Monde en 1994. Les grands-parents de Pekerman ont immigré en Argentine d’Ukraine.

Pekerman a grandi dans la province d’Entre Rios, où il a développé sa passion pour le football au sein du club local de Maccabi de Mar del Plata.

Il a entamé sa carrière professionnelle en tant que milieu de terrain dans les Argentinos Juniors, puis en Colombie avec Independiente Medellin. Contraint de prendre une retraite anticipée en raison d’une blessure au genou, il s’est tourné vers le coaching.

De retour en Argentine, il est devenu l’entraîneur de l’équipe nationale des moins de 20 ans, remportant trois fois le Championnat du Monde Juniors de la FIFA : en 1995, 1997 et 2001. Malgré la pression publique pour sa promotion dans l’équipe nationale, il fut maintes fois ignoré par le président de la FA, l’Argentin Julio Grondona.

Le même Grondona que l’on aurait surpris en train de dire que les Juifs n’ont pas leur place dans le football parce que « les Juifs n’aiment pas quand les choses se compliquent ».

Accusé d’antisémitisme, Grondona a fini par céder, et en 2004, Pekerman a enfin été nommé entraîneur de l’équipe nationale d’Argentine. Si Pekerman possède une maison dans le quartier juif prisé de Villa Crespo à Buenos Aires, il mène une existence assimilée.

Il a pourtant failli travailler en Israël, après avoir été sélectionné pour le poste d’entraîneur du Beitar Jérusalem, alors qu’Arcadi Gaydamak en était le propriétaire. Pekerman est un homme timide et reste discret sur sa vie personnelle.

Personne ne s’attend à ce que la Colombie soit qualifiée pour les 8e de finale, surtout sans sa plus grande star, l’attaquant Radamel Falcao, qui s’est blessé. Si Pekerman arrive à propulser les joueurs colombiens, des emplois plus attrayants pour la saison prochaine s’offriront sans doute à lui.