Une coalition de militants et d’ONG ont déposé lundi une requête à la Haute Cour de Justice pour modifier l’itinéraire de la marche annuelle de la Journée de Jérusalem, afin qu’elle ne passe pas à travers le quartier musulman de la Vieille Ville.

L’initiative a été menée par les organisations Tag Meir et Ir Amim, qui affirment que la marche de cette fête nationale devient de plus en plus une manifestation raciste, haineuse et d’incitation à la violence contre la population palestinienne de Jérusalem.

Dans le cadre de l’événement destiné à célébrer la réunification de Jérusalem après la guerre des Six Jours (de 1967), des milliers d’Israéliens assistent à la marche annuelle des drapeaux, qui entre traditionnellement dans la Vieille Ville en passant par le quartier musulman avant de se diriger vers le Mur occidental.

Cette année, le défilé aura lieu le 17 mai.

« Les organisateurs de la marche et la police ne disposent pas d’une base juridique pour exiger que les résidents et les commerçants se barricadent dans leurs maisons jusqu’à ce que la tempête soit passée », a écrit le procureur Eitay Mack dans sa requête.

Mack a souligné que les pétitionnaires ne cherchent pas à annuler la parade, mais à ce qu’elle ait lieu le long d’une route moins provocatrice.

Le groupe a précisé que la pétition a été présentée après que la police du district de Jérusalem a refusé de modifier le tracé, et ce malgré le nombre croissant d’incidents violents verbaux et physiques.

« Vous ne pouvez pas du tout quitter la maison ce jour-là, parce que l’année dernière, lorsque les Palestiniens sont allés à l’extérieur, ils ont été battus brutalement. C’est vraiment effrayant », a raconté un habitant du quartier musulman, cité dans la lettre.

Un autre propriétaire de magasin du quartier musulman – qui ferme son magasin pendant les fêtes – a indiqué que les foules vandalisent et endommagent les propriétés et les entreprises locales.

En 2014, des Israéliens portant des drapeaux ont été filmés prenant à partie des Palestiniens à la porte de Damas. A proximité de la Salah al-Din, des Palestiniens ont jeté des pierres sur un bus Egged, blessant sept Israéliens. L’année précédente, des troubles similaires ont conduit à l’arrestation de 23 Palestiniens et 13 Israéliens.

« Année après année, la Journée de Jérusalem devient une plate-forme de violence extrêmement dures », dénonce Neta Polizer, 26 ans, un étudiant en littérature arabe à l’université hébraïque, au Times of Israël. L’année dernière, Polizer a vu un grand groupe de jeunes juifs crier des slogans racistes pendant qu’ils marchaient à travers le quartier musulman et sur la rue King George, à Jérusalem ouest.

« Ils scandaient ‘Muhammad est mort’ et ‘Mort aux Arabes’. C’est douloureux d’assister à cela parce que ce ne sont pas juste des chants, c’est une incitation qui devient extatique. Les gars sautaient partout, les adultes comme les jeunes. Chaque année, cette journée fait ressortir le pire chez les gens. »