Le ministre des Finances Moshe Kahlon et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ont annoncé lundi un projet de baisse d’impôts à venir dans les prochaines semaines.

Un communiqué laconique publié par le bureau du Premier ministre et le ministère des Finances ne précisait pas quels impôts ou quels domaines économiques en particulier pourraient être visés par ces réductions.

Un article du journal économique israélien The Marker indiquait cependant que la TVA sur les biens et les services pourrait être diminuée d’un point de pourcentage, et que la baisse de l’impôt sur les revenus et sur les sociétés pourrait être plus importante que prévue.

La décision a été prise « en raison des réussites économiques de l’Etat d’Israël l’année dernière », et du « désir [de Netanyahu et Kahlon] de poursuivre l’encouragement de la [croissance] économique qui bénéficie aux citoyens d’Israël », selon le communiqué officiel.

Cette annonce a été faite deux jours après que Kahlon a déclaré à la Deuxième chaîne que le trésor public s’attendait à un surplus imprévu de trois milliards de shekels d’impôts au premier trimestre 2017. Le chiffre exact ne sera connu qu’en avril.

« Je suis pour une baisse des impôts. Une personne qui travaille devrait payer le moins d’impôts possible. L’argent ne restera pas au Trésor, il sera rendu à la population », a déclaré Kahlon.

Un aide domestique philippin pousse un Israélien âgé en chaise roulante, le 22 avril 2009. Illustration. (Crédit : Abir Sultan/Flash90)

Un aide domestique philippin pousse un Israélien âgé en chaise roulante, le 22 avril 2009. Illustration. (Crédit : Abir Sultan/Flash90)

Le ministre des Finances a souligné que les baisses d’impôts viseraient en premier lieu les personnes âgées et handicapées.

Mais selon The Marker, les coupes seront plus larges et plus profondes que le seul surplus du trimestre annoncé par Kahlon.

L’impôt sur le revenu baissera pour la majorité de la classe moyenne, puisque les salariés les moins bien payés paient déjà peu voire pas d’impôts, et reçoivent dans certains cas un chèque du Trésor. Les réductions se feront par une modification des tranches fiscales de l’impôt sur le revenu.

La décision, qui devrait être mise en place dans les prochaines semaines, intervient quelques mois seulement après la dernière baisse d’impôt, qui a pris effet au 1er janvier.

La TVA sur les transactions au détail de la plupart des biens et des services, actuellement de 17 %, devrait chuter à 16 % ou 16,5 %.

L’impôt sur les sociétés devrait aussi baisser plus que prévu. Au 1er janvier, cet impôt a été abaissé de 25 % à 24 %, et devrait à nouveau être diminué à 23 % au 1er janvier 2018. Le projet actuel, selon The Marker, est de doubler la baisse prévue en janvier, pour arriver à un taux de 22 %.

La baisse de l’impôt sur les sociétés reflète en partie la compétition croissante pour attirer les entreprises étrangères, à un moment où leur imposition est en baisse dans d’autres pays.

Des députés du Parti travailliste, qui siège dans l’opposition et est actuellement en pleine campagne pour ses primaires internes, ont fustigé les baisses prévues.

Amir Peretz, le 10 novembre 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Amir Peretz, le 10 novembre 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Stop à l’économie électoraliste de Netanyahu ! », s’est exclamé le député Amir Peretz, candidat à la tête du parti.

« L’argent doit être rendu à la population par de meilleurs services sociaux », pas par des baisses d’impôt, a-t-il déclaré dans un communiqué.

« Israël continue d’être le ‘roi’ de la disparité sociale, et le gouvernement d’Israël poursuit ses négligences et son mépris », a-t-il déclaré. Les recettes supplémentaires « devraient aller aux personnes âgées et à la baisse de la pression sur les hôpitaux. »

Le député travailliste Itzik Shmuli a mis en garde contre l’utilisation de cette aubaine pour abaisser la TVA d’un « petit point de pourcentage » et a appelé à ce que les fonds soient plutôt utilisés pour renforcer les services sociaux.

L’annonce de la baisse d’impôts a été faite quelques heures après que l’on a appris qu’Intel paierait 15,3 milliards de dollars pour acheter Mobileye, une entreprise de Jérusalem, ce qui devrait rapporter entre deux et trois milliards de dollars dans les caisses de l’Etat.