Certains ministres de l’Autorité palestinienne (AP) espèrent secrètement qu’un état palestinien ne sera pas mis en place, a déclaré dimanche soir Ayoub Kara, vice-ministre chargé de la Coopération régionale.

« Je vois des ministres de l’AP, et ils plaident pour qu’il n’y ait pas d’état palestinien », a affirmé Kara, qui mène les efforts diplomatiques d’Israël pour renforcer ses relations avec ses voisins. Il n’a pas précisé de quels ministres il parlait.

Officiellement, aucun ministre de l’AP ne s’oppose à la fondation d’un état palestinien.

Les déclarations du vice-ministre ont eu lieu pendant la « Conférence sioniste pour les droits de l’Homme », organisée tous les ans par une association de droite, Im Tirtzu, qui lutte contre ce qu’elle perçoit comme la délégitimation d’Israël.

Pendant la conférence de cette année, la quatrième de l’histoire de l’association, Im Tirtzu a voulu mettre en lumière « l’intégration des minorités » en Israël, soit principalement la population arabophone non juive, qui représente un peu plus de 20 % de la population du pays.

Ayoub Kara, député du Likud (au centre), et sa famille avant la session d'inauguration de la 18e Knesset, le 24 février 2009. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Ayoub Kara, député du Likud (au centre), et sa famille avant la session d’inauguration de la 18e Knesset, le 24 février 2009. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Kara, citoyen druze d’Israël et membre du Likud depuis longtemps, a affirmé qu’ « Israël est un paradis, sans les 72 vierges, pour tous les arabes en Israël, et même pour ceux de l’Autorité palestinienne », sous les applaudissements et les rires des 200 personnes du public.

« Il n’y a aucun autre endroit au Moyen Orient où les minorités augmentent », a déclaré Kara.

Le vice-ministre a également couvert de louanges l’un des principaux invités de la conférence, le père Gabriel Naddaf, qui a ces dernières années fait campagne pour que les chrétiens d’Israël s’engagent dans l’armée israélienne.

Les chrétiens représentent 2 % de la population israélienne.

Le père Gabriel Naddaf pendant la quatrième Conférence annuelle sioniste pour les droits de l'Homme organisée par Im Tirtzu à Tel Aviv, le 11 décembre 2016. (Crédit : Dov Lieber/Times of Israël)

Le père Gabriel Naddaf pendant la quatrième Conférence annuelle sioniste pour les droits de l’Homme organisée par Im Tirtzu à Tel Aviv, le 11 décembre 2016. (Crédit : Dov Lieber/Times of Israël)

Quelle que soit leur religion, rejoindre l’armée israélienne est un vrai tabou pour les Israéliens arabes, qui n’ont pas d’obligation légale de servir dans Tsahal.

« L’Etat juif va [continuer] d’exister uniquement si nous le défendons ensemble », a déclaré Naddaf dimanche soir sous les applaudissements.

Naddaf a conclu son discours en lisant une lettre d’une jeune chrétienne de la ville israélo-arabe de Nazareth qui voulait s’enrôler dans l’armée.

« S’ils affirment qu’Israël est un occupant, alors son occupation, au contraire d’autres occupations, est un paradis. Et tout comme ils l’attaquent, je me battrais pour le salut [d’Israël], j’aimerais que la terre de nos ancêtres soit une fois encore libérée de ses vrais occupants », a écrit la jeune fille selon Naddaf.

Naddaf, qui a été l’un des porteurs de torche pendant la cérémonie officielle de Yom HaAtsmaout à Jérusalem en mai dernier, a récemment été accusé d’avoir harcelé sexuellement des jeunes qu’il aidait à s’enrôler dans l’armée.

Le prêtre avait rejeté ces accusations, déclarant qu’il s’agissait d’un « complot diabolique » d’ennemis jaloux. « Dieu punira ces gens qui me font du tort, à moi, ma femme et mes deux fils qui servent actuellement dans l’armée », avait écrit Naddaf sur Facebook à ce moment.

La conférence Im Tirtzu était centrée sur la projection de « Mon foyer », un documentaire qui explore, selon l’association, la forte connexion de la « minorité arabe silencieuse » à l’Etat d’Israël.

Le documentaire présente Kara et Naddaf, ainsi que deux autres orateurs de la conférence de dimanche, Mohammad Kabiya, un Bédouin musulman qui a servi dans l’armée israélienne, et Jonathan Elkhoury, chrétien libanais qui a émigré en Israël en 2000, quand Israël a permis à des membres de l’Armée du Liban Sud de chercher refuge dans l’Etat juif après la décision de Jérusalem de se retirer du sud du Liban.

Dans le documentaire, l’affinité des orateurs envers Israël est opposée au rejet des politiques israéliennes des députés arabes israéliens, particulièrement de Hanin Zoabi et Ahmad Tibi, tous deux élus de la Liste arabe unie.

Aucun arabe musulman non bédouin, la communauté qui compose la majorité de la population arabophone d’Israël, ne participait à la conférence d’Im Tirtzu.

Des agences ont contribué à cet article.