Le ministre du Renseignement Yisrael Katz a déclaré lundi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu devrait demander au PDAT d’amender ou d’annuler l’accord sur le nucléaire iranien lors de son voyage à New York. En effet, la Maison-Blanche projetterait de déclarer que l’Iran n’applique pas l’accord, mas sans pour autant dissoudre l’accord.

Lors d’un discours durant une conférence sur la lutte anti-terroriste, Katz a également affirmé que Téhéran s’implante en Syrie avec « des bases aéroportuaires et des dizaines de milliers » de combattants dans les milices chiites, qui menacent Israël.

Le ministre du Renseignement a averti que « l’Iran est la nouvelle Corée du Nord. Nous devons travailler contre lui aujourd’hui, pour que nous n’ayons plus de remords sur quelque chose que nous aurions dû faire hier. »

Katz a cloué au pilori l’accord sur le nucléaire de 2015, officiellement appelé Plan Global d’Action Conjoint, qui, dit-il, « garantit à l’Iran sa capacité à s’équiper en nucléaire à l’avenir ».

Il a déclaré que Trump doit être cohérent avec les promesses qu’il a faites concernant l’Iran et le Plan global d’Action conjoint.

« Il faut forcer l’Iran à signer un nouvel accord, qui ne lui permettra jamais d’accéder à l’arme nucléaire, comme l’avait promis le président Trump, et qui inclura la question des missiles et du soutien de l’Iran au terrorisme », a-t-il dit.

Naftali Bennett, ministre de l'Education et président de HaBayit HaYehudi, pendant la Conférence de Herzliya, le 22 juin 2017. (Crédit : Oded Carni)

Naftali Bennett, ministre de l’Education et président de HaBayit HaYehudi, pendant la Conférence de Herzliya, le 22 juin 2017. (Crédit : Oded Carni)

Le ministre de l’Éducation Naftali Bennett a également appelé à l’annulation « sans l’ombre d’un doute » de l’accord sur le nucléaire iranien.

Bennett a déclaré que le monde doit savoir clairement « si l’on peut traiter avec les États-Unis ou avec l’Iran. On ne peut pas avoir les deux ».

Les deux ministres se sont exprimés après que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a indiqué que l’Iran respectait les termes du Plan global d’Action conjoint.

Durant sa campagne, Trump s’était élevé contre cet accord, mais pour le moment, il s’en est tenu à lui. Cependant, il a indiqué qu’il déclarera que l’Iran ne respecte pas l’accord, quand il devra soumettre un rapport bi-annuel au Congrès en octobre. Ce geste pourrait conduire les États-Unis à se retirer de l’accord des sept nations.

Conclu en 2015 après des années de négociations, le Plan global d’Action conjoint lève les sanctions sur l’Iran en contrepartie d’une réduction du programme nucléaire de la république islamique. Les dirigeants israéliens s’étaient férocement opposés à cet accord, qu’ils avaient jugé inapplicable, et qui, selon eux, permettait à l’Iran de continuer à soutenir le terrorisme et d’autres activités déstabilisantes dans le monde.

Katz, qui détient également le portefeuille du ministère des Transports, a déclaré que l’Iran s’apprête à signer un accord avec le dirigeant syrien Bashar el-Assad, qui lui permettrait de maintenir l’infrastructure militaire dans le pays à long terme. Israël a depuis longtemps accusé l’Iran de chercher un point d’ancrage dans le plateau du Golan par le biais des milices chiites, notamment son allié, le Hezbollah libanais.

Sur le plateau du Golan, des colonnes de fumée s'échappent du village syrien de Qouneitra à la suite d'une explosion lors des combats entre les forces loyales au président syrien Bashar el-Assad et les rebelles, près de la frontière de Qouneitra, le 31 août 2014. Illustration. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Sur le plateau du Golan, des colonnes de fumée s’échappent du village syrien de Qouneitra à la suite d’une explosion lors des combats entre les forces loyales au président syrien Bashar el-Assad et les rebelles, près de la frontière de Qouneitra, le 31 août 2014. Illustration. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

« Je le dis, c’est un fait : Assad s’apprête à signer un accord », a-t-il dit.

« Ces milices, qui viennent partout dans le Moyen Orient, sont destinées à menacer Israël et à ouvrir un autre front au nord », a-t-il dit.

Si l’on n’empêche pas l’Iran de s’établir en Syrie, « un port naval, un aéroport, et des bases militaires iraniennes verront le jour » là-bas, a-t-il ajouté.

Katz a déclaré que bien que le programme de développement du nucléaire iranien soit suspendu, le pays travaille toujours activement à l’amélioration de ses missiles balistiques et de sa technologie des roquettes, pour les rendre plus précises.

Katz a ajouté que les États-Unis et les autres pays occidentaux doivent s’atteler à empêcher l’Iran d’établir une hégémonie dans la région, qui, dit-il, est la menace qui pèse sur la stabilité mondiale, suite au recul de l’État islamique en Syrie et en Irak.

Il a déclaré qu’Israël doit maintenir ses « limites » concernant la Syrie, notamment en empêchant l’armement d’atteindre le Hezbollah, et en s’assurant que les milices soutenues par l’Iran ne soient pas autorisées à s’implanter sur la frontière du Golan.

Le ministre compte déjà des alliés dans cette initiative. Il s’agit des « pays sunnites modérés », l’expression qui décrit généralement l’Arabie saoudite et les pays du Golfe.

« Nous partageons la vision des pays sunnites modérés, sur toutes les questions relatives à l’Iran et à ses émissaires dans la région », a-t-il dit.

Ces propos ont été tenus lors de la conférence annuelle du Centre interdisciplinaire de l’Institut international anti-terroriste d’Herzliya.

L’Iran a été à plusieurs reprises mentionné par les responsables israéliens.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman, qui s’est brièvement exprimé durant la conférence, a fait remarquer que les dépenses de l’Iran dans le secteur de la Défense ont significativement augmenté, après l’accord de 2015.

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, avant la réunion du cabinet dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 11 juin 2017. (Crédit : Marc Israel Sellem/Flash90)

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, avant la réunion du cabinet dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 11 juin 2017. (Crédit : Marc Israel Sellem/Flash90)

Le budget des Gardiens de la révolution islamique a « augmenté de 40 % », a-t-il affirmé

Cette augmentation dans les dépenses en matière de défense a impacté les groupes soutenus par l’Iran, notamment le Hezbollah et le Hamas, a déclaré Liberman.

Le ministère a tenu pour responsable la république islamique pour la majeure partie du terrorisme qui sévit actuellement.