Le secrétaire d’Etat américain John Kerry est arrivé vendredi en Turquie dans le cadre d’une tournée au Moyen-Orient pour obtenir le soutien de ce pays musulman et membre de l’Otan à la coalition contre l’Etat islamique (EI).

La Turquie, voisine de l’Irak et de la Syrie où sont basés les djihadistes, refuse une participation active aux opérations armées contre les extrémistes sunnites que les Etats-Unis veulent continuer de frapper avec des raids étendus conformément à une nouvelle stratégie dévoilée mercredi par le président Barack Obama.

La Turquie ne souhaite pas non plus permettre aux Américains d’utiliser sa base aérienne d’Incirlik, située dans le sud du pays, proche de la frontière syrienne, pour des missions de combat mais uniquement pour des buts logistiques et humanitaires, craignant de mettre en danger la vie des 46 otages turcs que les djihadistes retiennent depuis juin à Mossoul, dans le nord de l’Irak.

Kerry s’est rendu à Bagdad puis jeudi à Jeddah, en Arabie Saoudite, où lors d’une réunion ministérielle dix pays arabes dont l’Arabie saoudite ont accepté de s’engager à soutenir les Etats-Unis.

Par ailleurs, les États-Unis vont verser 500 millions de dollars supplémentaires d’aide humanitaire destinée aux victimes du conflit en Syrie, portant leur assistance totale à 2,9 milliards de dollars depuis 2011, a annoncé le département d’Etat vendredi à l’arrivée de M. Kerry dans la capitale turque.

Le président américain a annoncé mercredi soir qu’il était prêt à mener des frappes aériennes en Syrie, comme c’est déjà le cas depuis le 8 août en Irak, pour éliminer les islamistes radicaux de l’EI.

« L’objectif est clair : nous affaiblirons, et, à terme, détruirons l’EI », a affirmé M. Obama.

A Ankara le chef de la diplomatie rencontra son homologue Mevlüt Cavusoglu ainsi que le Premier ministre Ahmet Davutoglu et le président Recep Tayyip Erdogan.

Kerry se rendra samedi au Caïre où il doit notamment s’entretenir avec le chef de la Ligue arabe Nabil al-Arabi.