Le Secrétaire d’Etat américain John Kerry a informé le Hamas via le Qatar la semaine dernière que, dans sa proposition de cessez-le avec Israël, basée sur l’initiative égyptienne, les États-Unis garantissent le respect de la plupart des exigences du Hamas pour mettre fin à la guerre, ont révélé des sources palestiniennes au Times of Israel samedi.

La manière dont Kerry gère l’effort de cessez-le-feu est critiquée par des sources israéliennes, vendredi et samedi, et le cabinet de sécurité israélien a rejeté à l’unanimité la proposition du Secrétaire d’Etat vendredi soir.

Les garanties promises au Hamas par Kerry, relayées par le Times of Israel à partir de sources palestiniennes, portent sur les questions suivantes : l’assouplissement des restrictions sur le passage des marchandises d’Israël vers Gaza ;  l’assouplissement des restrictions sur le passage des commerçants et hommes d’affaires de Gaza vers Israël ; l’expansion de la zone de pêche de Gaza permise de 20 km au large de la côte ; l’ouverture du passage de Rafah avec l’Egypte, qui sera géré par des fonctionnaires de l’Autorité palestinienne ; et la promesse d’assurer le transfert des salaires aux fonctionnaires de Gaza.

Si Kerry n’a rien promis quant à la demande de libération des prisonniers, il s’est engagé à s’y pencher. Aucune mention non plus de la création d’un port maritime à Gaza, comme exigé par le Hamas.

Nombre des exigences relatives à l’assouplissement du « siège » de la bande de Gaza – le blocus sécuritaire imposé par Israël et l’Egypte pour empêcher la contrebande d’armes et d’autres infrastructures terroristes – ont été évaluées en Israël ces derniers mois, avant le déclenchement du conflit actuel.

Le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires, le major Gen Yoav Mordechai, a récemment rencontré un groupe d’hommes d’affaires de Gaza pour discuter de la possibilité de délivrer davantage de permis d’entrée en Israël afin de permettre une expansion du commerce.

En outre, ces deux dernières années, Israël est en pourparlers avec l’Autorité palestinienne et l’Union européenne pour envisager la possibilité d’élargir considérablement l’activité au point de passage de Kerem Shalom à Gaza. L’Union européenne a déjà accepté de financer l’initiative.

Selon des sources palestiniennes, l’une des raisons du retard dans l’application de cette mesure est le refus du Hamas de construire l’élargissement sur le territoire de Gaza, à l’ouest du passage actuel.

Selon le Times of Israel, des sources arabes lui ont confié vendredi les détails de l’offre de cessez-le feu de Kerry, qui prévoit que l’arrêt immédiat des hostilités soit suivi 48 heures plus tard de cinq à sept jours de contacts entre Israël et des délégations palestiniennes et égyptiennes au Caire.

La délégation palestinienne, qui comprendrait des représentants des différentes factions palestiniennes dont le Fatah, le Hamas et le Jihad islamique, parlerait au nom du Hamas.

Des sources israéliennes ont fustigé Kerry ce week-end de « capituler » devant les demandes de cessez-le du Hamas, et de poursuivre ses pourparlers à Paris, samedi, avec des représentants du Qatar et de la Turquie, mais sans Israël, l’Autorité palestinienne ou de l’Egypte.

Kerry a déclaré lors d’une réunion avec ses homologues turcs et qataris à Paris samedi soir que la proposition de cessez-le feu impliquait la mise en place de dispositions pour la sécurité d’Israël, et pour un développement économique et social côté palestinien.

« Je comprends que les Palestiniens veuillent vivre avec dignité, une certaine liberté, jouir de la circulation de marchandises, qu’ils aspirent à une vie libre des restrictions qu’ils ressentent quotidiennement pour l’heure, et évidemment qu’ils désirent une existence dénuée de violence », a déclaré Kerry.

« Mais dans le même temps, les Israéliens doivent vivre à l’abri des tirs des roquettes et de tunnels qui les menacent, et chaque conversation engendre un débat sur ces intérêts  divergents qui sont réels pour les deux parties. »

« Les tunnels doivent être gérés », a-t-il ajouté, se référant à l’infrastructure militaire du Hamas souterraine utilisée pour attaquer Israël.

« Nous le comprenons et nous y oeuvrons. De même, les Palestiniens ne peuvent obtenir un cessez-le feu en ayant l’impression que le statu quo sera maintenu, qu’ils ne pourront vivre et respirer plus librement, se déplacer sans passages et commencer à recevoir des biens et services de l’extérieur. »

Selon des sources du cabinet israélien, Israël exige le démantèlement des roquettes et des infrastructures des tunnels du Hamas, et le déploiement des forces de d’Autorité palestinienne au poste frontière de Rafah, dans le cadre d’une résolution du conflit actuel, a déclaré la Deuxième chaîne samedi soir.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.