WASHINGTON — L’administration Bush a offert des propositions d’accords beaucoup plus généreuses que l’accord actuel dans son effort visant à contrecarrer le programme nucléaire de l’Iran, a déclaré le Secrétaire d’Etat John Kerry au Conseil des Relations Etrangères, mais Téhéran l’avait rejeté.

L’offre de 2008 impliquait une amélioration globale des relations entre les Etats-Unis et l’Iran, « soutenant l’Iran à jouer un rôle important et constructif dans les affaires internationales », et apportant à l’Iran une aide technologique et agriculturelle, a déclaré Kerry.

Il a fait référence à un document daté du 12 juin 2008 qui détaillait les concessions proposées par les Américains à l’Iran en échange de la suspension de tout enrichissement et de retraitement. Kerry a déclaré que la liste des engagements proposés par les Etats-Unis était sous la forme « d’une note secrète signée par les ministres des P5+1 incluant la secrétaire d’état de l’époque Condoleeza Rice ».

La liste, a déclaré Kerry, incluait des engagements à : « la reconnaissance du droit de l’Iran à l’énergie nucléaire pour des objectifs pacifiques, traiter le programme iranien de la même manière que n’importe quel programme sans armes nucléaires, d’égal à égal, après que la confiance internationale dans la nature exclusivement pacifique du programme de l’Iran ait été restaurée, fournir une assistance technique et financière pour l’énergie nucléaire pacifique incluant des réacteurs de toute nouvelle génération, soutenir la recherche et le développement et des approvisionnements en combustible selon des accords juridiques, améliorer les relations avec l’Iran et soutenir l’Iran pour jouer un rôle constructif important et constructif dans les affaires internationales, travailler avec l’Iran et les autres pays de la région sur des mesures pour créer de la confiance et traiter la sécurité régionale, une réaffirmation de l’obligation de limiter les menaces ou l’usage de la force, des étapes vers la normalisation du commerce et des relations économiques, un soutien pour un partenariat d’énergie, un soutien au développement agriculturel, des projets civils, un soutien à l’aviation civile et une assistance au développement économique et social de l’Iran ».

« Tout cela était offert en échange d’une suspension du programme nucléaire de l’Iran et ensuite de négociations », a déclaré Kerry. Mais l’Iran, a continué Kerry, « a dit non, et le dialogue était fini ». L’accord était voué à l’échec, a affirmé Kerry.

« L’Iran a refusé et ils sont passés d’environ 300 centrifugueuses à 19 000 », donnant à l’Iran la capacité de créer 10 à 12 bombes, a déclaré Kerry au public de New York.

Il a expliqué que même si tout avait été offert à l’époque, l’Iran a continué avec son programme parce qu’il « croyait vraiment » qu’il avait le droit d’enrichir de l’uranium, et parce que l’Iran reprochait aux Etats-Unis d’avoir soutenu le président irakien Saddam Hussein contre eux et que la communauté internationale n’avait jamais publié une résolution condamnant le gazage des Iraniens lors de la guerre Iran-Irak au début des années 1980.

« Ils avaient le sentiment qu’ils avaient besoin de leur propre programme indépendant parce que personne ne viendrait les aider », a expliqué Kerry.

Le Secrétaire d’Etat a utilisé cette histoire pour souligner que « les sanctions n’allaient pas arrêter [les Iraniens]. Vous ne pourrez pas le soumettre grâce aux sanctions ».

Le Secrétaire d’Etat, qui répond aux affirmations formulées par des législateurs Républicains que l’administration Obama voulait cet accord plus que les Iraniens, a également cité trois occasions lors des négociations de 18 mois sur l’accord signé la semaine dernière au cours desquelles il était prêt à quitter les négociations à cause de l’intransigeance des Iraniens.

Kerry a déclaré qu’il était prêt à quitter une série de négociations à Lausanne, et est allé à la chambre d’hôtel du ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif pour lui dire qu’il allait le faire, il n’a pas précisé quel était le sujet de désaccord.

Il a donné plus de détails sur la deuxième circonstance à Londres, dans laquelle il a déclaré que l’Iran « essayait de revenir en arrière sur le nombre de centrifugueuses ». Selon Kerry, il a appelé et a déclaré qu’il « ne viendrait pas le lendemain ».

La troisième occasion était lors de la préparation de l’accord final à Vienne où Kerry a publiquement déclaré son agacement car il avait l’impression que les négociations traînaient à la fin du processus.

Kerry a été en première ligne dans la campagne de l’adminsitration Obama pour vendre l’accord avec l’Iran aux sceptiques. Il a passé les derniers jours à faire la promotion de l’accord à des Américains en proie au doute alors que la majorité républicaine, 535 membres du Congrès a 60 jours pour contrôler l’accord.

Plus tôt vendredi, il participé au programme « Today » sur NBC et rencontrea plus tard vendredi les dirigeants du Comité Juif Américain et la Conférence des Président des Majeures Organisations américains juives.

Kerry a déclaré vendredi qu’il serait pour lui très embarassant et que cela porterait un coup à la crédibilité américaine sur la scène mondiale si le Congrès rejetait l’accord sur le nucléaire iranien. Il a également averti qu’un rejet du Congrès ne favoriserait pas Israël.

Le Congrès peut passer une motion de désaccord à laquelle Obama peut apporter son veto. Pour outrepasser le veto, il faut deux tiers des votes à la Chambre des Représentants et au Sénat.

« J’ai peur de ce qui pourrait se passer si le Congrès devait rejeter l’accord. Nos amis en Israël pourraient en fin de compte se retrouver plus isolés. Et plus critiqués », a prévenu Kerry au Conseil des Relations Etrangères.
« Vous pensez que l’ayatollah va revenir à la table pour négocier à nouveau si le Congrès refuse ? », a-t-il demandé.

« Vous pensez qu’ils vont venir s’asseoir et d’autres peuples dans le monde vont dire ‘Eh, allons négocier avec les Etats-Unis, ils sont 535 Secrétaires d’Etat’? », a dit Kerry.

« Sérieusement, je serais gêné d’aller négocier. Que vais-je dire aux gens après cela en tant que Secrétaire d’Etat. ‘Venez négocier avec nous.’ ‘Oh, mais pouvez-vous faire ce que vous dites ?’ Sérieusement. »

AFP a contribué à cet article.