Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a commémoré vendredi le génocide des Roms sous le nazisme, jugeant que le racisme envers cette minorité subsistait et saluant le travail de mémoire réalisé par l’Allemagne contemporaine.

« Nous pleurons et nous nous souvenons aujourd’hui des centaines de milliers d’hommes, femmes et enfants roms qui furent assassinés sauvagement et de manière insensée par les nazis durant la Seconde guerre mondiale », a écrit John Kerry dans un communiqué, à l’occasion du 70e anniversaire du massacre de plusieurs milliers de Roms dans la nuit du 2 au 3 août 1944 dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

D’après le chef de la diplomatie américaine, 2 879 Roms furent tués cette nuit-là dans les chambres à gaz et 19 000 au total périrent au camp d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne.

Selon les historiens, 220 000 à 500 000 Roms ont été assassinés par le régime nazi, une tragédie que les communautés roms appellent Samudaripen ou Pharrajimos, notamment à Auschwitz où un tiers des détenus étaient des Roms.

M. Kerry a appelé à tirer les leçons de l’Histoire.

« Le racisme contre les Roms persiste encore aujourd’hui », a-t-il affirmé, sans montrer du doigt de pays en particulier.

« Nous devons condamner tous les préjudices, où qu’ils soient, parce que nous savons bien que trop souvent les mots de haine sont suivis d’actes de haine », a martelé le ministre américain, un bon connaisseur de l’Europe et de son histoire.

A ce titre, il a « salué les efforts de l’Allemagne pour commémorer les victimes roms des nazis ».

L’Union européenne estime qu’il y a actuellement 10 à 12 millions de Roms, Tsiganes ou Gitans, ce qui fait d’eux la plus grande minorité ethnique en Europe, victime dans de nombreux pays de discriminations, d’une extrême pauvreté, et d’un accès inégal aux soins ou à l’éducation.