Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a défendu mercredi la décision américaine de travailler avec le gouvernement palestinien, violemment critiquée par Israël, faisant valoir qu’aucun de ses membres ne faisait partie du Hamas, considéré comme un groupe terroriste par Washington.

Mahmoud Abbas « a formé un gouvernement intérimaire de technocrates qui ne comprend aucun ministre affilié au Hamas. Nous avons vérifié cela », a dit M. Kerry lors d’une conférence de presse lors d’une brève visite à Beyrouth.

« Le président Abbas a clairement dit que ce nouveau gouvernement technocrate adhérait aux principes de non-violence, aux négociations (de paix), à la reconnaissance de l’Etat d’Israël », a souligné le chef de la diplomatie américaine.

« Nous allons travailler avec (ce gouvernement) lorsque nous sommes amenés à le faire et comme il convient de le faire », a-t-il dit.

Plusieurs responsables israéliens se sont livrés mardi à un tir de barrage contre l’administration Obama après sa décision de travailler avec ce gouvernement d’union, également accueilli favorablement par l’ONU, l’UE et la Russie.

Kerry a précisé que le fait de travailler avec ce gouvernement ne signifiait pas une reconnaissance d’un Etat palestinien.

« Les Etats-Unis ne reconnaissent pas un gouvernement par rapport à la Palestine car cela équivaudrait à reconnaître un Etat et l’Etat n’existe pas. Il ne s’agit pas d’une question de reconnaissance de gouvernement », a poursuit le secrétaire d’Etat.

Le gouvernement d’union, soutenu par le Hamas, est un exécutif de transition, sans mandat politique, et composé de personnalités indépendantes et de technocrates qui a pour mission de préparer des élections présidentielle et législatives d’ici la fin de l’année.

Dans la presse israélienne, des responsables ont dénoncé un « coup de poignard dans le dos » asséné par les Etats-Unis.

Les relations bilatérales — vitales pour Israël — se sont singulièrement rafraîchies à la suite de l’échec de l’initiative de John Kerry, attribué à la poursuite de la colonisation juive, et d’une série d’attaques personnelles visant le secrétaire d’Etat de la part de plusieurs dirigeants israéliens.