Le secrétaire d’Etat américain John Kerry et la conseillère nationale à la sécurité des Etats-Unis, Susan Rice, ont eu une réunion avec des responsables palestiniens, et ont déclaré à cette occasion, selon la transcription du rendez-vous, que les dirigeants américains étaient prêts à soutenir une résolution « équilibrée » aux Nations unies, selon le journal égyptien Al-Youm Al-Sabea, cité par la Première chaîne jeudi soir.

Selon l’article, Kerry et Rice ont affirmé que le Premier ministre Benjamin Netanyahu cherchait à détruire la solution à deux états.

Kerry est cité disant qu’il pourrait présenter ses idées pour une solution sur le statut final, si les Palestiniens promettent de soutenir le cadre proposé. Les responsables américains ont conseillé aux Palestiniens de se rendre à Ryad pour présenter le projet aux dirigeants saoudiens.

Rice est cependant ensuite citée déclarant qu’il serait inutile de promouvoir une initiative de paix à ce stade, affirmant que la « dangereuse » administration Trump reviendra sur toute tentative de négocier un accord. Trump agira différemment sur le sujet du conflit israélo-palestinien de tous ses prédécesseurs depuis 1967, a-t-elle prédit.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat. (Crédit : Uri Lenzi/Flash90)

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat. (Crédit : Uri Lenzi/Flash90)

Saeb Erekat, négociateur palestinien en chef, aurait déclaré que si Trump déplaçait l’ambassade à Jérusalem, l’Autorité palestinienne (AP) reviendrait sur sa reconnaissance d’Israël et demanderait à tous les états arabes d’expulser leurs ambassadeurs américains.

Kerry et Rice auraient également conseillé à l’AP d’éviter toute mesure « provocante » avant le 20 janvier, quand le président américain élu Donald Trump prêtera serment.

Les deux responsables américains ont exhorté les Palestiniens à ne pas prendre de mesures qui seraient controversées aux yeux de la future administration Trump, comme l’arrêt de la coopération sécuritaire avec Israël, la poursuite d’actions légales contre des responsables israéliens devant la Cour pénale internationale, ou la dissolution de l’Autorité palestinienne, selon l’article.

Selon un journaliste de la Première chaîne, Kerry a promis aux Palestiniens une « coopération [américaine] totale », tandis que Rice aurait rendu hommage à Erekat, qui avait prédit il y a quatre ans que Netanyahu n’était pas favorable à la solution à deux états.

Le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat (gauche) et le secrétaire d'Etat américain John Kerry, à Ramallah, le 30 juin 2013. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat (gauche) et le secrétaire d’Etat américain John Kerry, à Ramallah, le 30 juin 2013. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Mercredi, Erekat a déclaré que la transcription de sa rencontre avec Kerry n’était que « mensonges et demi-vérité », mais a confirmé que cette réunion avait eu lieu à Washington.

Pour leur part, les responsables du département d’Etat et de la sécurité nationale des Etats-Unis ont démenti l’existence de cette réunion.

« Les minutes qui ont été publiées sont des mensonges et des demi-vérités », a déclaré Erekat, selon l’agence de presse palestinienne officielle Wafa. « Elles ont été publiées pour servir les guerres de Netanyahu et [du ministre de la Défense Avigdor] Liberman contre la communauté internationale qui a défendu le droit international et considéré tous les dictats et les implantations en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem Est, d’Israël, la puissance occupante, comme illégaux et étant une violation grossière du droit international. »

Selon Wafa, Erekat a confirmé que la rencontre décrite avait eu lieu.

Ned Price, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, a déclaré mercredi au Times of Israël qu’une telle rencontre n’avait jamais eu lieu. « Ces ‘transcriptions’ sont totalement fausses », a-t-il déclaré.

Bien que le département d’Etat ait confirmé ce mois-ci que Kerry avait rencontré Erekat, Price a précisé qu’une « réunion tripartite avec Kerry, Rice et Erekat n’avait jamais eu lieu. »

John Kirby, porte-parole du département d’Etat, a également démenti cette réunion sur Twitter.