WASHINGTON – Alors que sa longue carrière politique touche à sa fin, le secrétaire d’État américain John Kerry a publié une note de service qui met l’accent sur deux de ses principales préoccupations en tant que diplomate : la paix entre Israéliens et Palestiniens et l’accord sur le nucléaire iranien.

À peine plus de deux semaines avant qu’il ne quitte le département d’État, Kerry a publié un récapitulatif de 21 pages sur son travail effectué au cours des 4 dernières années, et évoque les priorités que son successeur devra garder à l’esprit.

Kerry n’a pas cité le président élu Donald Trump, ni Rex Tillerson, PDG d’Exxon Mobil, choisi pour le poste de secrétaire d’État, mais il a consacré une bonne partie de son texte à évoquer ce que le président entrant a promis de changer.

Peu après l’abstention des États-Unis au Conseil de Sécurité de l’ONU sur la résolution qui condamne les implantations, et suite à son discours plaçant les implantations au centre du conflit et comme obstacle à la paix, l’ancien candidat démocrate a voulu être clair sur les regrets éprouvés par l’administration sortante, de ne pas avoir réussi à atteindre un accord entre les deux parties.

Cet échec, souligne-t-il, est imputable au refus des dirigeants israéliens et palestiniens à franchir le Rubicon du processus de paix.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le secrétaire d'Etat américain John Kerry pendant une conférence de presse à Jérusalem, le 15 septembre 2013. (Crédit : Emil Salman/Pool/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le secrétaire d’Etat américain John Kerry pendant une conférence de presse à Jérusalem, le 15 septembre 2013. (Crédit : Emil Salman/Pool/Flash90)

« Pendant que j’étais au pouvoir, nous avons travaillé dur pour relancer les négociations entre les deux parties, afin de voir si un progrès était envisageable », écrit-il. « Malheureusement, les parties n’étaient pas disposées à faire les choix nécessaires pour avancer dans les négociations. »

Cette note ne contient aucune référence à la Résolution 2334 ni aux implantations. Elle affirme cependant que les États-Unis « ont, année après année, loyalement protégé Israël des résolutions partiales des Nations unies et d’autres instances multilatérales ».

L'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Samantha Power devant le Conseil de sécurité après s'être abstenu sur une résolution anti-implantations, le 23 décembre 2016. (Crédit : capture d'écran Nations unies)

L’ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Samantha Power devant le Conseil de sécurité après s’être abstenu sur une résolution anti-implantations, le 23 décembre 2016. (Crédit : capture d’écran Nations unies)

Kerry a également parlé de son ancien projet de pourparlers sensé aboutir à un accord définitif au bout de neuf mois. Il a écrit que l’administration travaillait depuis pour s’assurer que la solution à 2 États ne tomberait pas dans l’oubli.

« Nous avons appelé les parties à prouver, par leur politique et par leurs actions, leur engagement envers la solution à 2 États et à créer des conditions propices à la reprise de négociations efficaces. »

Il a rappelé que les États-Unis sont fidèles « à leur engagement pour la concrétisation de la solution à 2 États, un État d’Israël juif démocratique, en sécurité, aux côtés d’un État palestinien indépendant, viable et contigu ».

Après que les États-Unis se sont abstenus de voter contre la résolution de Conseil de Sécurité, ce qui aurait permis de la faire échouer, Trump a indiqué que la politique de son administration concernant Israël marquerait une rupture nette avec celle du président Obama.

« En ce qui concerne les Nations unies, les choses seront différentes après le 20 janvier », avait-il tweeté en parlant de son investiture. Dans un autre tweet, il invitait Israël à « rester fort ».

Dans un autre paragraphe de son récapitulatif, Kerry a fait la promotion de la gestion des relations bilatérales entre Israël et son administration, affirmant que « les relations en matière de sécurité… sont plus fortes que jamais ».

Il a mentionné le soutien financier des États-Unis pour le système anti-missile, le Dôme de Fer, et les 38 milliards de dollars en aide militaire sur 10 ans, dans le cadre de l’accord signé l’an dernier.

Kerry a également consacré une partie de sa note de service à l’accord sur le nucléaire iranien, le pacte qu’il a négocié en 2015 avec les puissances mondiales.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, les ministres des Affaires étrangères britannique Philip Hammond, russe Sergueï Lavrov, allemand Frank-Walter Steinmeier, français Laurent Fabius, chinois Wang Yi, la secrétaire générale de l'UE pour le Service d'action extérieure, Helga Schmid, la haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Sécurité, Federica Mogherini, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et l'ambassadeur d'Iran à l'AIEA, Ali Akbar Salehi, pendant les négociations sur le programme nucléaire iranien, à Vienne, en Autriche, le 6 juillet 2015. (Crédit : Joe Klamar / AFP)

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry, les ministres des Affaires étrangères britannique Philip Hammond, russe Sergueï Lavrov, allemand Frank-Walter Steinmeier, français Laurent Fabius, chinois Wang Yi, la secrétaire générale de l’UE pour le Service d’action extérieure, Helga Schmid, la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Sécurité, Federica Mogherini, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et l’ambassadeur d’Iran à l’AIEA, Ali Akbar Salehi, pendant les négociations sur le programme nucléaire iranien, à Vienne, en Autriche, le 6 juillet 2015. (Crédit : Joe Klamar / AFP)

Avant l’accord, Téhéran était à 90 jours de construire une arme nucléaire mais le Plan global d’action conjoint – dénomination officielle de l’accord – a repoussé ce délai d’un an, a réduit leur réserves en uranium enrichi de 98 % et a instauré des mesures transparentes qui alertent les États-Unis si les Iraniens ne respectent pas les termes de l’accord, a-t-il souligné.

« Nous devons maintenir la pression et continuer à nous opposer au programme des missiles iraniens, à son soutien au terrorisme, à son mépris pour les droits de l’Homme et son interférence déstabilisante dans les affaires de ses voisins tant que ces menaces planent », a-t-il écrit.