Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a exhorté jeudi les dirigeants israéliens et palestiniens à faire des compromis, quelques heures après l’annonce par l’Etat hébreu de la suspension des négociations de paix en cours avec l’Autorité palestinienne.

« Il existe toujours une possibilité d’avancer, mais les dirigeants doivent pour cela faire des compromis. […] S’ils ne souhaitent pas faire les compromis nécessaires, cela va devenir très difficile », a souligné le chef de la diplomatie américaine devant des journalistes.

Israël a décidé jeudi de suspendre les négociations avec l’Autorité palestinienne et de la sanctionner après l’annonce de sa réconciliation avec le Hamas, enfonçant le processus de paix, parrainé par Washington, dans la crise.

Cet accord de réconciliation, qui prévoit la formation d’un cabinet de « consensus national » avec le Hamas, bête noire d’Israël qui le considère comme un « groupe terroriste », et la tenue d’élections fin 2014, ont été annoncés en pleine crise dans les négociations de paix qui n’ont pas abouti à un résultat tangible depuis leur reprise en juillet 2013.

« Nous n’allons jamais renoncer à nos espoirs et notre engagement à essayer de parvenir à la paix. Nous pensons que c’est la seule voie possible, mais à l’heure actuelle la situation a effectivement atteint un niveau très difficile, et les dirigeants eux-mêmes doivent prendre des décisions », a insisté M. Kerry, alors qu’il rencontrait son homologue norvégien Borge Brende.

« La situation est entre leurs mains », a-t-il ajouté.

La porte-parole du département d’Etat Jennifer Psaki a estimé de son côté lors d’un point de presse « qu’il a toujours été du ressort des parties de faire les choix nécessaires pour poursuivre sur la voie de la paix ».

Elle a toutefois refusé de dire que les négociations étaient terminées, notant qu’il y avait « déjà eu des hauts et des bas » et que « le processus devait faire son chemin ».