WASHINGTON – Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a déclaré que la résolution anti-implantations votée vendredi par le Conseil de sécurité des Nations unies « préserve la possibilité de la paix ».

Kerry a affirmé que la résolution, qui demande un arrêt total de la construction dans les implantations de Cisjordanie et à Jérusalem Est, critique également le comportement palestinien, ce qui a rendu acceptable pour les Etats-Unis de s’abstenir de voter et ainsi de permettre à la mesure de passer.

« Bien que nous ne soyons pas d’accord avec chaque aspect de cette résolution, elle condamne également la violence et les incitations [à la violence] et l’activité d’implantations et appelle les deux parties à prendre des mesures constructives pour inverser la tendance actuelle et promouvoir les perspectives d’une solution à deux états », a-t-il déclaré.

La résolution 2334 a été approuvée vendredi avec 14 voix favorables et une abstention, celle des Etats-Unis. Le vote de la résolution a été applaudi dans la salle bondée.

Le texte appelle également tous les états « à distinguer, dans leurs domaines pertinents, le territoire de l’Etat d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 », une formulation qui fait craindre à Israël une poussée des efforts de boycott et de sanctions.

L'implantation israélienne de Maale Adumim, en Cisjordanie, le 25 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’implantation israélienne de Maale Adumim, en Cisjordanie, le 25 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Kerry, qui a passé la plupart de son temps au département d’Etat à tenter de négocier l’accord pour deux états tant convoité, a déclaré que les Etats-Unis avaient agi avec « un objectif principal », qui était de maintenir la viabilité de la solution à deux états, une perspective dont il a souligné qu’elle était dans le meilleur intérêt des deux parties.

« Deux états sont le seul moyen d’assurer le futur d’Israël en tant qu’état juif et démocratique, vivant en paix et en sécurité avec ses voisins, et la liberté et la dignité du peuple palestinien, a-t-il déclaré. Ce futur est à présent en danger, avec la poursuite du terrorisme, de la violence et de l’incitation [à la violence] et des mesures sans précédent pour étendre les implantations qui sont promues par des opposants déclarés à la solution à deux états. »

« C’est pour cela que nous ne pouvons pas en bonne conscience faire obstacle à la résolution des Nations unies qui précise que les deux parties doivent agir maintenant pour préserver la possibilité de la paix », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry, à Berlin, le 22 octobre 2015. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry, à Berlin, le 22 octobre 2015. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Kerry, qui s’est décrit comme « un ami de toujours d’Israël », a indiqué qu’il donnerait bientôt un discours sur sa vision d’un accord de paix au Moyen Orient, et la manière dont les futures administrations pourraient faire progresser ce dossier.

« Dans les prochains jours, je m’exprimerai sur le vote d’aujourd’hui [vendredi] au Conseil de sécurité, et je partagerai des réflexions plus détaillées, tirées de l’expérience des dernières années, sur les moyens d’avancer », a-t-il déclaré.

Pendant une conférence de presse téléphonique suivant le vote de vendredi, l’envoyé spécial du département d’Etat pour les négociations israélo-palestiniennes, Frank Lowenstein, a également suggéré qu’un discours du secrétaire d’Etat aurait bientôt lieu.

Israël a réagi avec colère à la décision, des responsables israéliens ayant accusé le président Barack Obama et Kerry d’avoir « abandonné » l’Etat juif, et affirmant que ce n’était pas le comportement d’un ami.

Après le vote, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejeté la résolution et déclaré qu’Israël ne s’y conformerait pas.

« Alors que le Conseil de sécurité ne fait rien pour empêcher le massacre d’un demi-million de personnes en Syrie, il isole honteusement Israël, la seule démocratie du Moyen Orient », a déclaré Netanyahu dans un communiqué.

« L’administration Obama n’a pas seulement échoué à défendre Israël du harcèlement aux Nations unies, elle a coopéré en coulisses », a-t-il affirmé.