Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a déclaré que les efforts pour raviver le processus de paix israélo-palestinien au point mort doivent prendre un cours « légèrement différent » de celui qu’ils ont emprunté dans le passé, mais a coupé court mercredi au soutien à la proposition française pour une conférence de paix régionale.

Kerry a également déclaré qu’il voyait les raisons derrière la conférence multilatérales, soutenant les remarques d’un général israélien datant d’il y a plusieurs semaines sur la violence rampante des mois derniers qui en ferait qu’empirer sans effort diplomatique à l’horizon.

La proposition de Paris – organiser deux conférences de paix régionale visant à faire avancer la mise en place d’une solution à deux états, et une reconnaissance unilatérale de l’Etat palestinien si les efforts échouaient – est « le reflet de la frustration que ressent la communauté internationale » à propos des troubles dans la région, a déclaré le premier diplomate américain pendant une audition sur la politique étrangère des Etats-Unis à la Chambre des représentants. « C’est pourquoi nous restons engagés envers Israël, envers la stabilité d’Israël, engagés aussi, cependant, à faire avancer le processus [de paix] et à faire venir les parties à la table [des négociations]. »

Mais Kerry a déclaré que les Etats-Unis n’étaient pas encore prêts à soutenir ce projet, auquel Israël s’oppose, disant que Washington « l’évaluait ».

« Nous n’avons pas tous les détails, a déclaré Kerry à propos du projet français. Nous essayons d’obtenir des détails de ce que le projet essaie de réussir précisément, et comment et quelles sont les règles qui s’appliqueraient. »

Kerry a affirmé pendant l’audition que le gouvernement américain était opposé à toute mesure unilatérale vers la mise en place d’un Etat palestinien.

« Mais ce qui arrive à présent est qu’il y a un mouvement multilatéral qui croît et qui est inquiet d’un certain nombre de choses », a-t-il déclaré.

Herzl Halevi, alors commandant de la division de Galilée. (Crédit : Mitch Ginsburg/The Times of Israel)

Herzl Halevi, alors commandant de la division de Galilée. (Crédit : Mitch Ginsburg/The Times of Israel)

Toujours pendant l’audition, Kerry a cité des articles des médias israéliens sur un avis du chef des renseignements militaires israéliens Herzl Halevi, qui avait déclaré à une commission de la Knesset que l’absence de progrès avec les Palestiniens pourrait entraîner plus de violence.

« Donc mon espoir est que chacun prenne note de cela, pas une menace mais un sens des réalités sur la spirale descendante qui arrive s’il n’y a pas un processus de paix actif qui soit sincère, et je pense que cela demande une formule légèrement différente de celle qui existant précédemment, » avait déclaré Halevi.

Vingt-neuf Israéliens et trois ressortissants étrangers ont été tués pendant la vague de terrorisme palestinien et de violence depuis octobre, pendant laquelle près de 170 Palestiniens ont également été tués, dont les deux tiers pendant qu’ils attaquaient des Israéliens, et les autres pendant des affrontements avec les soldats, selon l’armée israélienne.

Rencontrant le roi Abdallah de Jordanie pendant que Kerry s’exprimait à la Chambre, le président américain Barack Obama a déclaré qu’ils discutaient des moyens de réduire la violence via une solution diplomatique.

« Nous continuons à être d’accord sur le fait qu’il est important pour nous de fournir aux deux parties une des possibilités et de l’espoir, et pas simplement du désespoir », a déclaré Obama.

La semaine dernière, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait rejeté la proposition française pendant une conférence de presse à Berlin.

« L’initiative française, telle qu’elle a été publiée, est questionnable », avait déclaré Netanyahu en réponse à une question du Times of Israël. « Il y a un moyen de faire avancer la paix : des négociations directes sans conditions préliminaires entre les parties. C’est le vrai moyen et je pense que quiconque essaie d’en dévier n’avancera pas de négociations réussies. »

S’exprimant mercredi au Capitale, Kerry a appelé les deux parties à prendre des mesures pour signaler leur « empressement et leur volonté de réduire les violences ». Netanyahu, a-t-il déclaré, prépare actuellement des « initiatives majeures concernant les relations économiques » et « sécuritaires » en Cisjordanie.

Kerry, qui a rencontré dimanche le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Amman, en Jordanie, a déclaré qu’il lui avait demandé de combattre les incitations [à la violence] contre Israël. « Nous travaillons très directement avec lui sur tous les aspects de l’incitation. Je l’ai appelé pour l’encourager à condamner les actes de violence. Il l’a fait à l’occasion, mais regrettablement pas de manière constante. »

Mais Kerry a également déclaré qu’Israël était au moins partiellement responsable des efforts de paix moribonds.

« Je ne pense pas que la situation soit aidée par des constructions supplémentaires dans les implantations, a-t-il déclaré. Je pense que nous savons que nous avons besoin de voir des mesures prises des deux côtés pour indiquer un empressement et une volonté pour essayer d’avancer et de réduire la violence. »

Joshua Davidovich a contribué à cet article.