John Kerry a défendu les négociations sur le nucléaire avec l’Iran, en disant que cela vaut « la peine de les tenter avant de recourir à des mesures plus extrêmes qui impliqueraient qu’on demande à nouveau à de jeunes Américains de mettre leur vie en danger ».

Kerry a ajouté que l’AIEA avait ratifié le fait que « l’Iran s’était conformé à chaque article de l’accord intérimaire. »

Le Secretaire d’État américain a souligné qu’il est « interdit pour toujours » à l’Iran d’avoir des armes nucléaires en raison de son appartenance au Traité de non-prolifération des armes nucléaires, et cela ne changera pas.

La voie iranienne vers l’arme nucléaire est rompue tant qu’ils sont membres du Traité, a dit Kerry.

Kerry a souligné que Netanyahu « avait eu tort » à propos de l’accord nucléaire intérimaire. Il s’est également engagé à partager avec Israël les détails de tout accord.

« Aujourd’hui, nous avons appelé leur conseiller à la sécurité nationale », a ajouté Kerry, faisant référence à Yossi Cohen.

« Grâce au temps supplémentaire que nous nous sommes donnés, Israël est plus sûr aujourd’hui qu’avant cet accord [intérimaire] », a dit Kerry.

Kerry a aussi declaré que si un accord était conclu, « nous ne perdons pas l’option que nous avons aujourd’hui si l’Iran trichait ». Les Etats-Unis conservent la possibilité de sanctionner et d’utiliser l’option militaire.

« J’ose espérer » que les États-Unis ont la capacité de savoir si l’Iran viole ses obligations en vertu du Traité de non-prolifération (TNP), a declaré Kerry lors d’une audience à la Chambre.

Pour Netanyahu, le discours devant le Congrès est un « devoir » 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exprimé, mercredi, son respect pour le président Barack Obama mais a affirmé qu’il s’adresserait au Congrès américain par « devoir » vis-à-vis d’Israël, pour dénoncer l’accord sur le programme nucléaire iranien que les grandes puissances négocient actuellement avec Téhéran.

Netanyahu a été invité par des élus du parti républicain, qui contrôle le Congrès américain et sont partisans comme lui d’une ligne dure contre l’Iran, à prononcer un discours le 3 mars sur le sujet, une intervention qui fait des vagues tant aux Etats-Unis qu’en Israël.

« Je respecte la Maison Blanche et le président américain mais sur un sujet aussi grave, c’est mon devoir de tout faire pour la sécurité d’Israël », a déclaré mercredi M. Netanyahu lors d’un meeting électoral.

« L’accord qui se prépare nous donne des raisons de nous inquiéter, les puissances mondiales ont apparemment trouvé un terrain d’entente avec l’Iran, moi non », a-t-il ajouté.

Netanyahu avait déclaré mardi qu’il ferait « tout ce qui est en son pouvoir » pour empêcher la conclusion d’un accord sur le nucléaire iranien, le Congrès américain étant selon lui le « dernier rempart » possible à un tel accord.

La conseillère américaine à la sécurité nationale, Susan Rice, a jugé mercredi que le discours du Premier ministre israélien, organisé sans l’accord de la Maison Blanche, a déjà un effet destructeur sur les relations entre les deux pays.

« Ce n’est pas seulement malheureux, je pense que (cette initiative) est destructrice pour les bases mêmes des relations américano-israéliennes (…) Ce que nous voulons, c’est une relation entre les Etats-unis et Israël forte, immuable, indépendante des péripéties politiques dans les deux pays », a déclaré Mme Rice.