Le secrétaire d’Etat américain John Kerry s’est déclaré inquiet de la présence du Hamas dans le prochain gouvernement d’union palestinien qui doit prêter serment lundi, a-t-il indiqué dans un entretien téléphonique avec le président palestinien Mahmoud Abbas.

Après plusieurs reports, M. Abbas a affirmé samedi que le futur gouvernement de « consensus national », qui doit être composé de personnalités indépendantes et de technocrates, serait présenté lundi.

« Les ministres ne seront pas membres du Fatah ni du Hamas », les deux frères ennemis du mouvement national palestinien, a insisté M. Abbas.

M. Kerry « a exprimé son inquiétude sur le rôle du Hamas dans un tel gouvernement, sur l’importance que le nouveau gouvernement rejette la violence, reconnaisse l’Etat d’Israël et respecte les engagements signés », a déclaré la porte-parole du département d’Etat, Jen Psaki.

« Le président Abbas a assuré le secrétaire d’Etat que le nouveau gouvernement se conformerait à ces principes », a-t-elle ajouté.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exhorté dimanche la communauté internationale à ne pas « se précipiter » pour reconnaître le prochain gouvernement d’union palestinien.

Selon la radio publique, les dirigeants israéliens veulent surtout convaincre les Etats-Unis de ne pas reconnaître le futur exécutif palestinien et de « respecter ainsi l’engagement pris par Washington de ne pas négocier avec un gouvernement soutenu par le Hamas ».

L’OLP, dominée par le Fatah, et le Hamas ont signé le 23 avril un nouvel accord de réconciliation pour mettre fin à la division politique depuis 2007 entre la Cisjordanie, dont l’Autorité palestinienne administre les zones autonomes, et la bande de Gaza dirigée par le Hamas et sous blocus israélien.

Israël a immédiatement réagi en suspendant les négociations de paix avec les Palestiniens, que M. Kerry avait relancées l’été dernier mais sans succès.