Les Américains chercheraient à convaincre Israël de revenir à la table des négociations de paix avec les Palestiniens sur la base des frontières de 1967. Cela serait une manière de contenir la demande onusienne de Ramallah pour obtenir la reconnaissance de la Palestine, annonce un quotidien israélien mercredi.

Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, aurait récemment demandé au Premier ministre, Benjamin Netanyahu, s’il accepterait de revenir à la table des négociations avec les Palestiniens. Ces négociations seraient fondées sur la base des frontières établies par le cessez-le-feu de 1967 et les accords d’échange de territoires, indique le quotidien Haaretz qui rapporte les propos d’un diplomate anonyme.

Si Kerry arrive à amener les deux parties à reprendre les négociations, une première depuis les négociations qui ont échoué en mars, cela permettrait, potentiellement, d’éviter que les Palestiniens se tournent vers le Conseil de sécurité pour qu’il fasse voter une résolution sur un calendrier pour un éventuel retrait israélien de Cisjordanie.

Même si on s’attend à ce que les Etats-Unis opposent leur veto, éviter un tel vote éviterait à Washington de se retrouver sous le feu des critiques internationales.

La date pour le vote de cette résolution n’a pas encore été fixée, mais un projet de proposition a été présenté le mois dernier qui demandait le retrait israélien pour l’année 2016.

Selon l’article, lors de la réunion à Washington, il y a deux semaines, Kerry aurait demandé à Netanyahu quelles étaient ses conditions pour qu’il revienne à la table des négociations.

Même si Netanyahu acceptait de reprendre les négociations, on ne sait pas si Ramallah voudra revenir. Dans le passé, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas avait exigé qu’Israël relâche les prisonniers, dont des citoyens israéliens, ou gèle les constructions des implantations dans avant d’accepter de s’asseoir à la table des négociations.

Ces nouveaux pourparlers de paix pourraient éventuellement reprendre au point où ils en étaient il y a neuf mois, lorsque ces négociations avaient échoués sur fond d’accusations mutuelles.

La perspective de paix ne semble plus être à l’ordre du jour depuis la guerre de Gaza de cet été et l’accord de réconciliation qui a ramené le Hamas dans le giron de l’Autorité palestinienne, mais les Américains affirment qu’ils souhaitent la reprise des négociations et travailleront pour obtenir un résultat en ce sens.

Mardi, la porte-parole du Département d’Etat, Jen Psaki, a indiqué que les Etats-Unis n’avaient « vu aucun changement dans la volonté des parties à s’engager » dans un processus de paix.

Même si Netanyahu n’a pas ignoré les questions de Kerry, il ne semblait pas ravi par ses propositions, selon une source diplomatique israélienne citée par Haaretz.

Le Premier ministre a lancé de son côté sa propre initiative : s’associer avec les Etats arabes qui accepteraient de travailler discrètement avec Israël pour parvenir à un accord avec les Palestiniens.

Cette initiative n’a reçu qu’un accueil mitigé de la part de la communauté internationale, même si Kerry a mentionné la proposition de Netanyahu de mettre à jour l’Initiative de paix arabe au Caire dimanche, en marge de la Conférence des donateurs pour la reconstruction de Gaza. Israël n’a pas été invité à cette conférence ce qui est en soit un signe révélateur.

Lors de sa prise de parole à la conférence, Kerry a déclaré que même si les négociations de paix avaient échoués, il y avait des progrès en ce sens et que les Etats-Unis cherchaient une solution pour sortir de l’impasse.

« La vérité, c’est qu’un vrai processus significatif a été enclenché sur les problèmes de fond. Le temps entre les intervalles a été réduit et des idées créatives sont utilisées pour résoudre les problèmes posés par les désaccords qui subsistent », a-t-il affirmé.

« Nous sommes convaincus que… nous pouvons véritablement arriver à mettre en place une paix durable entre Israël, les Palestiniens et leurs voisins ».