Le secrétaire d’Etat américain John Kerry s’est une nouvelle fois attiré de vives attaques de responsables israéliens pour avoir fait un lien entre la persistance du conflit israélo-palestinien et la montée de l’extrémisme islamiste dans la région.

« Avec tout le respect que j’ai pour John Kerry et ses efforts, il continue de battre de nouveaux records quand il s’agit d’essayer de comprendre notre région et le sens de nos différends, et je crois que, cette fois, on a vraiment droit à un nouveau record », a déclaré le ministre des Communications Gilad Erdan à la radio publique.

M. Erdan réagissait à des propos de John Kerry qui, jeudi, a de nouveau réclamé une reprise des discussions de paix israélo-palestiniennes.

Le chef de la diplomatie américaine a estimé que le conflit israélo-palestinien alimentait « la colère de la rue » dans le monde arabe et que tous les dirigeants de la région avec lesquels les Américains avaient discuté sur la coalition contre le groupe Etat islamique avaient exprimé la nécessité de la paix entre Palestiniens et Israéliens.

« Les gens doivent comprendre la connexion. Cela a quelque chose à voir avec de l’humiliation, du déni et une absence de dignité », a-t-il dit.

« ‘L’absence de dignité’, c’est ça qui provoque la montée de l’Etat islamique ? », a demandé M. Erdan, membre du parti de droite Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu. « 200 000 personnes assassinées en Syrie, des Britanniques et des Américains à qui on coupe la tête, c’est la faute de la colonie de Maaleh Adumim peut-être ? »

« Il se trouvera toujours quelqu’un pour accuser les juifs, même quand c’est un musulman britannique qui décapite un chrétien britannique », a déclaré de son côté le ministre de l’Economie Naftali Bennett, leader du Foyer juif, parti nationaliste religieux.

Le secrétaire d’Etat américain, en poste depuis février 2013, a été régulièrement la cible de virulentes attaques d’une partie de la droite et des médias israéliens.

Il avait ainsi été durement pris à partie pendant la guerre dans la bande de Gaza cet été, au point que la Maison Blanche avait pris sa défense.

A l’origine de cette bruyante réprobation : un projet de cessez-le-feu soumis par M. Kerry à M. Netanyahu et que le gouvernement israélien avait rejeté.

L’administration américaine avait émis le soupçon que certains dans le cabinet israélien avaient délibérément fait fuiter un document aussi confidentiel dans la presse pour échauffer les esprits. Ces suspicions ont participé à la récente dégradation des relations entre Israël et son grand allié américain.