Le dissident russe Mikhaïl Khodorkovski déclare que l’assassinat de l’ancien vice-Premier ministre Boris Nemtsov risque de plonger la Russie dans la guerre civile.

Un tireur non identifié a abattu ce samedi Nemtsov, qui était chrétien, mais affirmait avoir des ancêtres juifs.

C’est par un communiqué posté sur son site internet le 28 février que Khodorkovski a diffusé sa mise en garde.

Khodorkovski est un Juif russe qui a rejoint la Suisse en 2013 après avoir été condamné à 11 ans de prison dans des procès pour corruption, décrits pas l’opposition comme des prétextes pour éliminer ses ambitions politiques et faire taire ses protestations contre les violations des droits de l’Homme par le président Vladimir Poutine.

« Ils ont assassiné Boris à une centaine de mètres du Kremlin » Khodorkovski écrit dans sa déclaration, en référence à l’assassinat de Nemtsov, un leader politique de l’opposition russe qui est décédé quelques heures après avoir appelé à une marche de soutien contre la guerre en Ukraine ce dimanche à Moscou.

Depuis une voiture, un attaquant non identifié a tiré sur Nemtsov quatre fois dans le dos, alors qu’il traversait un pont en direction du Kremlin, selon un rapport de la police.

Poutine a condamné l’assassinat et a affirmé suivre l’enquête de près, alors que de fort soupçons pèsent sur le Kremlin, qui aurait liquidé d’autres opposants de la même manière.

« Je sais que pour beaucoup de gens, la mort de Boris incarnera un point de non-retour, qui peut changer le pays à jamais », Khodorkovski écrit. « Allons-nous nous retrouver encore plus près du précipice qui nous mènera à la guerre totale du tous contre tous ? Ou allons-nous puiser en nous la force de comprendre que les différences politiques ne sont pas une raison pour cesser d’agir comme des êtres humains ? »

Dans un édito publié sur bloombergview.com, le journaliste juif russe Leonid Bershidsky, écrit lui que la mort de Nemtsov valide la critique de Poutine par Nemtsov « de la manière la plus terrible qui soit ».

Bershidsky critique également le gouvernement de Poutine pour ce qu’il qualifie d’incitation à s’en prendre à Nemtsov, dont le nom était « sur chaque liste de traîtres publiée sur Internet et diffusée à la télévision d’Etat ».

« Le fait d’être juif a aggravé son cas. Il y avait un fort parfum d’antisémitisme dans cette campagne de diffamation » ajoute-t-il encore.