Le ministère des Affaires étrangères de Kiev a convoqué lundi l’ambassadeur israélien pour une réprimande, après la décision de Jérusalem d’annuler la visite prévue mardi du Premier ministre ukrainien.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annulé samedi l’invitation de Volodymyr Groysman, après le vote favorable du l’Ukraine à une résolution anti-implantations au Conseil de sécurité des Nations unies vendredi.

« Nous confirmons que notre ambassadeur Eli Belotsercovsky a été convoqué au ministère des Affaires étrangères à Kiev pour une réunion, suite à la décision d’Israël concernant la visite du Premier ministre ukrainien », a déclaré Emmanuel Nahshon, porte-parole des Affaires étrangères.

Groysman, qui est devenu cette année le premier Premier ministre juif du pays, devait arriver mardi en Israël pour une visite de deux jours. Il devait rencontrer Netanyahu, le président Reuven Rivlin et d’autres responsables.

Eli Belotsercovsky, ambassadeur d'Israël auprès de l'Ukraine. (Crédit : ministère des Affaires étrangères)

Eli Belotsercovsky, ambassadeur d’Israël auprès de l’Ukraine. (Crédit : ministère des Affaires étrangères)

L’Ukraine a défendu lundi la décision de voter en faveur de la résolution 2334, indiquant que son propre conflit avec la Russie avait été un moteur de cette décision.

Sans mentionner explicitement l’annexion russe de la Crimée et la guerre civile dans l’est du pays contre des séparatistes soutenus par Moscou, le ministère ukrainien des Affaires étrangères a déclaré que le pays « expérimentait lui-même les tragiques conséquences » de la transgression du droit international, traçant un parallèle entre les constructions israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem Est et les politiques russes.

« C’est pour cela que notre position a été formée sur la base de notre positionnement constant pour assurer le respect du droit international par tous ses sujets », a déclaré le ministère.

La résolution du Conseil de sécurité, votée par 14 voix à zéro vendredi, avec l’abstention des Etats-Unis, appelle Israël à « cesser immédiatement et totalement toutes les activités de colonisation dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem Est », tout en exprimant également sa « grave préoccupation que les activités de colonisation israélienne continues ne mettent dangereusement en péril la viabilité d’une solution à deux états. »

Depuis le vote de la résolution, Israël a pris plusieurs mesures de représailles contre les pays qui l’ont soutenue, dont une réprimande officielle dimanche des ambassadeurs des pays membres du Conseil de sécurité représentés en Israël.

Dans son communiqué défendant le vote de l’Ukraine en faveur de la résolution, le ministère ukrainien des Affaires étrangères a décrit la résolution comme « équilibrée », et déclaré que son vote « oui » ne devrait pas affecter les relations bilatérales.

« Nous pensons que les débats internes actifs et émotionnels en Israël n’impacteront pas la relation israélo-ukrainienne traditionnellement amicale, fondée sur le respect mutuel et les intérêts communs. »

Suite à la destitution du président pro-russe Viktor Ianoukovitch en février 2014, après une série de manifestations contre son gouvernement et ses politiques, des troupes russes non identifiées ont envahi et occupé la péninsule de Crimée, qui a été annexée par la Russie en mars 2014 après un référendum précipité et non reconnu par la communauté internationale.

Dès 2014, la Russie a également envoyé des troupes et soutenu des groupes paramilitaires pour occuper des parties de l’est de l’Ukraine, et a soutenu la sécession des républiques populaires de Donetsk et Louhansk.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.