Le jeune conservateur Sebastian Kurz, vainqueur des législatives en Autriche, a exigé mardi dans un quotidien israélien un engagement clair contre l’antisémitisme des futurs partenaires du gouvernement qu’il va être appelé à former.

Kurz a tenu ces propos dans un entretien accordé au quotidien gratuit Israël Hayom alors que la formation d’une coalition avec le parti d’extrême droite FPÖ, fondé par des nazis et qu’Israël a boycotté et accusé d’antisémitisme, constitue l’hypothèse la plus vraisemblable.

« La lutte contre l’antisémitisme et notre politique de tolérance zéro contre toutes tendances antisémites est très importante pour moi. Il s’agit d’une condition préalable claire pour la formation de toute coalition sous ma direction », a dit Kurz.

« Il ne faut pas qu’il y ait sur ce point le moindre doute. L’ÖVP [son parti chrétien-démocrate] a tenté dans le passé de lutter contre l’antisémitisme, y compris auprès de ses membres, et je souhaite qu’il continue à le faire », a-t-il ajouté.

Interrogé sur un possible transfert de l’ambassade autrichienne de Tel Aviv à Jérusalem, prôné par Heinz-Christian Strache, chef du FPÖ, Kurz a répondu que « ce n’est pas le moment de parler d’une question aussi sensible. »

Sebastian Kurz, à gauche, alors ministre autrichien des Affaires étrangères, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 23 avril 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Sebastian Kurz, à gauche, alors ministre autrichien des Affaires étrangères, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 23 avril 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a pour sa part félicité Kurz lors d’un entretien téléphonique lundi soir, tout en l’appelant à continuer à lutter contre l’antisémitisme.

Israël avait suspendu en 2000 ses relations avec l’Autriche pour protester contre la présence dans la coalition gouvernementale du FPÖ, dirigé à l’époque par Jörg Haider et considéré comme xénophobe et antisémite.

Le Premier ministre d’alors, Ariel Sharon, avait décidé en 2003 de normaliser les relations.

Strache, le dirigeant du FPÖ arrivé en troisième position, se retrouve en position de faiseur de roi.

Il s’était rendu en avril 2016 en Israël ou il avait rencontré des personnalités de second plan du Likud, le parti de droite de Netanyahu. Il avait également effectué une visite à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem.

Le ministère israélien des Affaires étrangères avait souligné à l’époque qu’il s’agissait d’une « visite strictement privée » et qu’aucune personnalité officielle ne l’avait rencontré.

Interrogé par l’AFP sur la réaction à un possible retour du FPÖ au gouvernement autrichien, un responsable israélien, qui a requis l’anonymat, a indiqué qu’il était « prématuré de prendre position alors que la coalition autrichienne n’est pas encore formée. »

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.