L’Egypte a critiqué mercredi la décision des Etats-Unis de réduire ou geler une partie de son aide financière, au moment où une délégation américaine se trouvait au Caire pour des discussions concernant le processus de paix au Proche Orient.

Selon le département d’Etat américain, les Etats-Unis ont décidé d’une part de geler 195 millions de dollars d’assistance militaire en l’attente de « progrès sur la démocratie ». La porte-parole de la diplomatie américaine Heather Nauert a notamment évoqué devant la presse à Washington l’inquiétude des Etats-Unis après l’adoption d’une nouvelle loi controversée sur les organisations non gouvernementales.

D’autre part, pour quelque 96 millions de dollars d’aide américaine, « nous avons décidé que cet argent sera utilisé en soutien d’autres partenaires dans la région sans que cela affecte, de notre point de vue, la sécurité de l’Egypte », a expliqué la porte-parole du département d’Etat.

Le ministère égyptien des Affaires étrangères a « regretté » dans un communiqué une « erreur de jugement ». Cette décision reflète un « manque de compréhension sur l’importance de soutenir la stabilité de l’Egypte », a-t-il ajouté.

Le Caire reste un « partenaire stratégique clé des Etats-Unis » avec lequel Washington veut « renforcer » ses relations, et qui a perçu un milliard de dollars d’aide américaine dans l’année budgétaire en cours, a toutefois rappelé Heather Nauert. Mais « nous n’avons pas pu certifier que l’Egypte progresse en matière de démocratie et de droits de l’homme » conformément à une condition émise par le Congrès américain pour une partie de l’aide, a-t-elle ajouté.

Sameh Choukri, le ministre égyptien des Affaires étrangères, à Moscou, le 21 août 2017. (Crédit : Alexander Nemenov/AFP)

Sameh Choukri, le ministre égyptien des Affaires étrangères, à Moscou, le 21 août 2017. (Crédit : Alexander Nemenov/AFP)

La délégation américaine, menée par Jared Kushner, gendre et proche conseiller du président Donald Trump, a rencontré le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri mercredi, a-t-on appris auprès du ministère. La rencontre a finalement eu lieu après avoir été retirée sans explication de l’agenda du ministre envoyé à la presse.

La délégation a également rencontré le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, a dit à l’AFP son porte-parole Alaa Youssef.

L’aide militaire américaine à l’Egypte avait été en partie suspendue en 2013 par l’administration de Barack Obama, en réaction à la répression contre les partisans de l’ex-président Mohamed Morsi, avant d’être rétablie en mars 2015 avec une enveloppe de 1,3 milliard de dollars par an.

La diplomatie américaine avait ensuite publiquement relancé en août 2015 le partenariat « stratégique » avec l’Egypte, en promettant le soutien de Washington en matière de sécurité et de lutte antiterroriste.

Depuis que l’armée a destitué en 2013 le président Morsi, les autorités égyptiennes sont confrontées à une insurrection jihadiste, notamment dans le nord de la péninsule du Sinaï, où le groupe terroriste Etat islamique (EI) multiplie les attaques contre les forces de l’ordre.