Dans une nouvelle mesure qui vise à accroître la transparence et la concurrence dans le secteur financier, la régulatrice de la Banque centrale d’Israël, Hedva Ber, a déclaré jeudi qu’elle allait présenter une législation visant à restreindre les salaires « extravagants » des magnats de la banque.

« Les normes salariales actuelles ont un impact négatif sur la confiance de la population dans les banques », a affirmé Ber lors d’une conférence sur la finance à Tel Aviv, selon un article publié dans le quotidien économique Globes.

Selon l’article publié dans le Globes, le PDG de la Banque Leumi, Rakefet Russak-Aminoach, a gagné des millions de shekels, 8,12 millions en 2015 pour être précis, alors que le président David Brodet a quant à lui reçu 5,82 millions de shekels.

Une étude de la Banque centrale d’Israël publiée en 2013 a révélé que 16 % des employés de la banque (soit plus de 7 000 personnes) ont gagné entre 45 000 shekels et 80 000 shekels par mois.

En revanche, le salaire mensuel moyen en Israël était de 9 688 shekels à partir du mois de novembre de l’année dernière, selon le Bureau central des statistiques.

Selon Ber, le manque de concurrence dans l’industrie et les coûts salariaux élevés – qui se chiffrent à quelque 18 milliards de shekels par an – empêche de réduire les frais et les taux d’intérêt que les banques facturent à leurs clients pour leurs services.

Lors de la conférence, Ber a indiqué qu’elle avait l’intention de faire pression pour faire passer une législation de la Knesset qui assurerait un salaire « appropriée » aux banquiers seniors, conformément à une directive émise par l’organisme de réglementation l’année dernière.

Depuis sa prise de fonction en juin dernier, Ber a supervisé la mise en place un certain nombre de mesures visant à réformer la banque des consommateurs.

En janvier, la Banque d’Israël a annoncé que les banques seraient tenues de délivrer des cartes d’identité standardisées aux clients afin qu’ils puissent facilement lire leur solde bancaire, les dépenses et les informations sur les prêts. Étant donné que les cartes d’identité doivent avoir un format standardisé, les clients auront également plus de faciliter à comparer les offres concurrentes des autres banques.

La banque centrale a récemment publié des directives aux banques leur demandant de revoir les comptes détenus par leurs clients âgés ou handicapés pour s’assurer qu’ils ne payaient pas de frais bancaires excessifs.

L’an dernier, la gouverneure de la Banque centrale d’Israël, Karnit Flug, et le ministre des Finances Moshe Kahlon ont accepté de former un comité, dirigé par l’ancien commissaire anti-trust Dror Strum, afin d’explorer les moyens d’injecter de la concurrence dans le secteur bancaire d’Israël.