La Banque d’Israël a soutenu jeudi un ensemble de baisse d’impôts et de hausse des aides proposés cette semaine par le ministre des Finances Moshe Kahlon, indiquant que les mesures étaient « appropriées », répondaient à des problèmes structuraux et étaient conformes aux politiques de la Banque centrale et du gouvernement.

« La plupart d’entre elles intègrent bien la stratégie du gouvernement pour encourager l’emploi, réduire la pauvreté parmi les employés, et aider les jeunes familles qui travaillent, et elles sont conformes aux recommandations politiques de la Banque d’Israël », a déclaré la banque centrale dans un communiqué.

« Comme les mesures répondent à des problèmes structurels, et ne viennent pas servir un besoin transitoire de stimuler l’activité économique qui est robuste dans toutes les circonstances, il est important que ces mesures soient permanentes », a-t-elle ajouté.

Karnit Flug, la gouverneure de la Banque d’Israël, a récemment critiqué le gouvernement pour sa promesse d’utiliser des recettes fiscales supplémentaires pour diminuer les impôts au lieu d’investir les sommes dans l’amélioration de l’éducation et de l’infrastructure.

Moshe Kahlon, ministre des Finances, pendant une cérémonie de lancement d'un programme de construction de milliers de logements à Beit Shemesh, le 3 avril 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Moshe Kahlon, ministre des Finances, pendant une cérémonie de lancement d’un programme de construction de milliers de logements à Beit Shemesh, le 3 avril 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

L’ensemble de mesures annoncées par Kahlon mardi est destiné à l’amélioration du revenu net des familles pauvres et de celles de la classe moyenne de milliers de shekels par an.

Le plan à quatre milliards de shekels par an comprend des aides pour les activités pédagogiques extrascolaires, des crédits d’impôts supplémentaires pour les parents qui travaillent et qui ont des enfants de moins de six ans , des revenus supplémentaires pour les bas salaires, une égalisation des crédits d’impôts pour les pères et les mères qui travaillent, et des baisses de taxe sur les vêtements et les chaussures pour enfants et les téléphones portables.

Netanyahu n’a pas immédiatement soutenu la mesure

Mais même si le projet a été largement applaudi, Netanyahu ne l’a pas immédiatement soutenu. Mardi soir, des sources proches du Premier ministre ont indiqué que l’initiative « va dans la bonne direction et devra être approchée de manière positive », mais il n’a pas loué directement la mesure.

Alors que cette proposition constitue le plus grand ensemble d’aides sociales proposées à ce jour, le Premier ministre n’en a pas eu connaissance auparavant, et n’a pas non plus été invité à la conférence de presse lors de laquelle Kahlon a présenté son programme.

Kahlon a déclaré mardi que le Trésor public avait récolté 1,6 milliard de recettes fiscales supplémentaires au premier trimestre 2017, et que les prévisions étaient de trois milliards de shekels supplémentaires pour l’année 2017 et de 3,5 milliards de plus pour 2018. Ces chiffres n’incluent pas les taxes qui devraient être récoltées suite à la décision d’Intel d’acheter l’entreprise israélienne Mobileye pour le prix sans précédent de 15,3 milliards de dollars.

Jeudi, la Banque d’Israël a indiqué qu’il restait difficile d’évaluer le coût de la mesure annoncée par Kahlon, puisqu’elle n’avait pas été précisément détaillée et qu’elle compte des dates de début, des durées et des processus d’approbation différents.

« Etant donné ces limites, l’évaluation des coûts publiés par le ministère des Finances sont conformes aux évaluations de la Banque d’Israël. Le projet utilise une portion importante de la réserve pour les besoins spéciaux mis de côté dans le budget 2018 dans le cadre du budget bi annuel. »

Si les mesures étaient permanentes, comme cela est désirable, des sources de financements supplémentaires pour le projet devront être trouvées pour garantir la capacité du gouvernement à tenir ses engagements fiscaux pour 2019 – 2020, pouvait-on lire dans le communiqué.

La Banque centrale a déclaré que même à la lumière de ces propositions, il est important que le gouvernement mette en place des politiques qui entraîneront « l’amélioration des infrastructures physiques et humaines capitales de l’économie, améliorant ainsi le potentiel de croissance à long terme de l’économie. »

Raoul Wootliff a contribué à cet article.