WASHINGTON – Après avoir observé pendant des semaines les négociateurs de Vienne faire pression pour un accord sur le nucléaire, les législateurs et lobbyistes de Washington vont enfin avoir leur mot à dire sur l’accord entre les puissances mondiales et Téhéran.

Pour les sceptiques, comme le sénateur démocrate Robert Menendez du New Jersey, et son homologue républicain Bob Corker du Tennessee, c’est le paroxysme d’un drame de plusieurs longues années entourant les pourparlers. Les deux – rejoints par d’autres, y compris Mark Kirk (R-IL) et, plus récemment, la recrue Tom Cotton (R-AR) – ont mené une ligne dure envers l’Iran, qui comprenait une pression pour des sanctions accrues et une surveillance accrue des négociations.

Corker est en grande partie responsable de ce qui se passera maintenant.

Selon la Loi sur l’examen de l’accord sur l’Iran nucléaire de 2015 – parrainée par le sénateur Corker et Ben Cardin (D-MD) que le président Barack Obama a signée à contrecoeur en mai – le Congrès est habilité à examiner l’intégralité de l’accord signé avec l’Iran. L’accord ayant été conclu après le 9 juillet, le Congrès aura jusqu’à 60 jours, après avoir reçu sa version complète, pour en revoir les termes.

À la fin de la période d’examen, qui dépassera le mois d’août, le Congrès reprenant ses activités en septembre, un vote sera tenu sur l’approbation de l’accord.

Le résultat émanera du Comité des relations étrangères du Sénat, présidé par Corker, qui a accueilli une longue série d’audiences sur les conséquences de l’accord, des mois avant la signature de l’accord.

Un vote de désapprobation limiterait la capacité d’Obama à lever un certain nombre de sanctions imposées par le Congrès contre l’Iran. Pour Téhéran en difficultés économiques, l’allégement des sanctions est l’une des pierres angulaires de l’accord nucléaire passé.

Le Congrès mené par les Républicains pourrait exprimer une désapprobation d’une façon ou d’une autre de l’accord, critiqué par la quasi-totalité des dirigeants du parti.

Mais comme avec tout autre processus législatif, il y a un hic – dans presque le même souffle annonçant qu’un accord avait été atteint, le président américain Barack Obama a promis d’opposer son veto à toute tentative du Congrès de le faire couler.

Si cela se produit, les adversaires devront obtenir suffisamment de voix des Démocrates pour renverser le veto présidentiel, qui nécessite une majorité des deux tiers au Sénat (et à la Chambre des représentants). En d’autres termes, le président ne doit obtenir que 34 votes démocrates au Sénat pour maintenir l’accord ; il y a actuellement 54 Républicains, 44 Démocrates et deux sénateurs indépendants.

C’est là que les lobbyistes entrent en jeu.

Les groupes pro-accord, comme les Américains pour la Paix maintenant, J Street et de le National Iranian American Council, ont été relativement calmes ces dernières semaines, prévoyant les fonds de publicité et les activités de lobbying pour ce moment précis.

Ces groupes et d’autres vont engager un effort concerté pour faire en sorte que les principaux sénateurs démocrates, comme Charles Schumer (D-NY) et Ben Cardin suivent leur ligne politique. L’administration fera tout pour éviter l’apostasie du soutien démocratique pendant la période d’examen de 60 jours.

La semaine dernière, les responsables de la Maison Blanche avaient prévu une sorte de caucus d’avant-match, au cours duquel ils ont enjoint les représentants des groupes pro-accord de « prendre d’assaut » le Capitole pour faire pression sur les démocrates afin qu’ils soutiennent l’accord.

Sur le côté opposé, l’AIPAC et les lobbyistes représentant les États Iran-phobiques comme l’Arabie saoudite sont susceptibles d’inciter contre ce qu’ils considèrent comme une erreur historique.

Et le lobbying ne ferait que s’intensifier après un veto présidentiel, le Congrès ayant trois semaines pour tenter d’enrôler les 67 votes nécessaires au Sénat pour contrecarrer Obama.

Si les négociations à Vienne sont terminées, pour l’administration Obama le champ de bataille a simplement été déplacé. Maintenant, elle doit convaincre un Washington rancunier que des années d’efforts ont finalement produit un résultat intéressant.