Le film raconte l’histoire du producteur américain Milton Fruchtman, à qui on avait confié la tâche de filmer le « procès du siècle » qui a eu lieu à Jérusalem en 1961.

Les enregistrements, qui ont été effectués sur une durée de plus de quatre mois, ont été diffusés dans 56 pays.

Le procès a été le premier témoignage sur les camps de la mort à avoir été diffusé en direct – et qui donnait directement aux victimes la possibilité de témoigner.

Laurence Bowen, producteur du docu-fiction, revient sur l’ampleur de cette diffusion. « Le film traite d’un procès télévisé qui est devenu le premier documentaire au monde et qui a changé la façon dont les gens ont pu voir la Seconde Guerre mondiale. Beaucoup de gens entendaient parler pour la première fois de l’Holocauste, directement, par la bouche des victimes. L’impact historique a été énorme et la diffusion du procès a également été un grand événement télévisuel. »

Milton Fruchtman et Leo Hurwitz furent chargés de filmer le procès. Au départ, les juges s’étaient opposés à ce qu’ils filment dans la salle d’audience, mais trois jours avant le début du procès, on leur autorisa de cacher la caméra dans les murs du Tribunal, rapporte Haaretz.

C’est en apercevant une mention minuscule à la fin du film que Bowen commença ses premières recherches sur Milton Fruchtman, découvrant ce premier procès télévisé à l’aide de quatre caméras.

« Je suis devenu encore plus intrigué quand j’ai découvert que Fruchtman avait embauché Leo Hurwitz, un réalisateur qui avait été mis à l’index aux États-Unis pendant 10 ans par le sénateur McCarthy pour ses convictions de gauche ».

En 2011, Shany Littman a rapporté dans Haaretz que Fruchtman était un peu amer que sa contribution à l’historiographie israélienne n’ait pas été véritablement reconnue.

Aujourd’hui âgé de 88 ans et vivant en Californie, il a collaboré avec les réalisateurs du docu-fiction.

L’acteur Martin Freeman, qui le personnage de Fruchtman dans le film, explique que « du point de vue de sa carrière, Milton savait qu’il était face à une opportunité qui ne se présente qu’une fois dans la vie. Le procès a été vu par des personnes dans le monde entier. Il était évident que les gens savaient que quelque chose de terrible avait eu lieu pendant la période nazie mais c’est peut-être la première fois que l’on pouvait mettre un visage sur ces crimes ».

Selon certaines études, 80 % des adultes en Allemagne auraient visionné la retransmission du procès.

Fruchtman se souvient que « chaque chaîne de télévision allemande diffusait chaque soir des extraits du procès. Les enfants qui n’avaient pas étudier la période nazie à l’école, entendirent parler de la guerre pour la première fois ».

Fruchtman se rappelle que lorsqu’il commença à travailler sur le projet, on lui dit que personne ne serait intéressé par le procès. « Ensuite, on m’a affirmé que ces retransmissions étaient la preuve que les individus peuvent changer l’Histoire. »