Le gouvernement belge a interdit mardi la venue à Bruxelles le week-end prochain d’un prédicateur koweïtien, Tareq Al-Suwaidan, estimant que la présence de cet homme aux « propos antisémites » représentait un « danger pour l’ordre public ».

Le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon, « a donné instruction à l’Office des Etrangers (qui dépend de son ministère) de prendre les dispositions nécessaires pour interdire l’accès au territoire et le séjour à Tareq Al-Suwaidan », a indiqué son cabinet dans un communiqué.

« C’était la seule décision à prendre. Ce prédicateur tient des propos antisémites inacceptables. Sa présence chez nous représente un danger pour l’ordre public », ont commenté M. Jambon et le Premier ministre, Charles Michel.

Tareq Al-Suwaidan, présenté en Belgique comme un des dirigeants des Frères musulmans au Koweït, devait prendre la parole lors de la troisième édition de la « Foire musulmane de Bruxelles », qui se tient de vendredi à dimanche et a pour objectif de présenter les produits et la culture du Moyen-Orient et du monde musulman. Plusieurs milliers de personnes y sont attendues.

Mais des déclarations de Al-Suwaidan, faites en juillet, au moment de l’opération Bordure protectrice d’Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza, ont suscité une levée de boucliers en Belgique.

Sur sa page Facebook, qui compte près de 6 millions de mentions « J’aime », le prédicateur avait dit « haïr » les « enfants de Sion », selon le journal Le Soir. « Nous allons instiller cette haine dans l’âme de nos fils jusqu’à ce qu’une nouvelle génération se lève et les efface de la surface de la terre », ajoutait-il, appelant également à un « djihad électronique ».

« Sous la pression du lobby sioniste, le gouvernement belge a décidé de m’empêcher l’accès à son territoire (même si j’ai un visa valable) », a réagi mardi M. Al-Suwaidan sur Facebook.

La Ligue belge contre l’Antisémitisme (LBCA) a salué la décision du gouvernement. « Dans le contexte explosif actuel, avec la question des jihadistes en Syrie et en Irak et quelque mois seulement après l’attentat au musée juif, la Belgique se devait de faire preuve d’une vigilance extrême », a estimé son président, Joël Rubinfeld.

Le 24 mai, un homme avait tué un couple de touristes israéliens, une bénévole et un jeune qui gérait l’accueil du musée juif de Bruxelles.

Un Français de 29 ans, Mehdi Nemmouche, a été inculpé d' »assassinats dans un contexte terroriste » après son arrestation à Marseille fin mai, en possession d’une kalachnikov et d’un revolver similaires à ceux utilisés dans l’attentat.