Tout au long de la guerre civile syrienne, la Russie et l’Iran ont fait l’objet d’un examen international pour leurs rôles dans le conflit. Mais une ancienne petite nation soviétique, la Biélorussie, a également contribué, discrètement, à aider le régime du président Bashar el-Assad.

Au fil des ans, cette aide à la Syrie a augmenté et diminué, à mesure que la Biélorussie se rapprochait des états sunnites « modérés », comme l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, ou des États renégats, comme la Corée du Nord et l’Iran.

Au cours de l’année écoulée, la Biélorussie a de plus en plus renforcé sa coopération avec le régime d’Assad et, selon certains analystes, a aidé l’Iran et ses alliés en leur fournissant du matériel militaire et son savoir-faire.

Ronen Solomon, analyste indépendant israélien des renseignements qui surveille les programmes de développement d’armes de la Syrie depuis des années, est persuadé que la Biélorussie travaille avec la Syrie pour améliorer ses roquettes à moyenne portée, et avec le Centre d’études et de recherche scientifiques (CERS) de l’armée syrienne. Ce centre a été la cible d’une attaque aérienne attribuée à Israël le mois dernier. D’autres analystes ont souscrit à ce point de vue.

Images satellites israéliennes montrant les conséquences d'une frappe aérienne attribuée à Israël contre une base de développement de missiles, en Syrie, le 7 septembre 2017. (Crédit : ImageSat International)

Images satellites israéliennes montrant les conséquences d’une frappe aérienne attribuée à Israël contre une base de développement de missiles, en Syrie, le 7 septembre 2017. (Crédit : ImageSat International)

Salomon a été l’un des premiers à découvrir l’attaque aérienne attribuée à Israël contre un réacteur nucléaire en Syrie en 2007. Il a écrit avec Ronen Bergman, de Yedioth Ahronoth, et a créé un blog de renseignements indépendant appelé Intelli Times, régulièrement cité dans les médias israéliens.

Dans un rapport d’enquête qu’il a partagé avec le Times of Israël, Salomon a documenté les liens entre la Biélorussie et le ministère de la Défense syrien, en se basant sur des informations provenant de sources ouvertes, d’images satellitaires et des informations partagées par l’opposition syrienne.

La relation qui semblent s’approfondir entre ces deux pays et la possibilité que la Biélorussie aide à améliorer la technologie des missiles d’Assad et de ses alliés, l’Iran et le Hezbollah, devraient inquiéter Israël, qui entretient des relations diplomatiques avec Minsk. Cela est particulièrement vrai à un moment où l’armée israélienne a annoncé qu’elle cherchait à élargir ses opérations de « guerre entre toutes les guerres » pour contrer le Hezbollah et la présence croissante de l’Iran dans la région.

Le bâtiment du CERS près de Mesyaf, en Syrie, aurait été visé par Israël. On a longtemps soupçonné que le centre était utilisé pour améliorer le précision des missiles, selon les renseignements satellites qui ont révélé quels types de structures étaient présentes sur place et les matériaux apportés sur le site. On pense également qu’il abrite des armes biologiques et chimiques non conventionnelles.

Images satellites israéliennes montrant les conséquences d'une frappe aérienne attribuée à Israël contre une base de développement de missiles, en Syrie, le 7 septembre 2017. (Crédit : ImageSat International)

Images satellites israéliennes montrant les conséquences d’une frappe aérienne attribuée à Israël contre une base de développement de missiles, en Syrie, le 7 septembre 2017. (Crédit : ImageSat International)

« En 2014, des images satellites, comme celles de Google Earth, ont révélé qu’ils avaient commencé à construire au centre sept structures supplémentaires, dont l’architecture rappelle celle des installations utilisées dans les industries aérospatiales, avec une autre structure géante qui rappelle les usines dans lesquelles les Iraniens produisent leurs différentes roquettes », a affirmé Salomon dans son rapport.

« A partir de février 2016, les systèmes de ventilation utilisés dans les bâtiments à un niveau souterrain avaient déjà été installés », a-t-il écrit.

Salomon lie également la Biélorussie à l’installation de Mesyaf en raison, en partie, d’un article publié sur le site syrien Zaman al-Wasl, lié aux forces de l’opposition.

Images satellites israéliennes montrant les conséquences d'une frappe aérienne attribuée à Israël contre une base de développement de missiles, en Syrie, le 7 septembre 2017. (Crédit : ImageSat International)

Images satellites israéliennes montrant les conséquences d’une frappe aérienne attribuée à Israël contre une base de développement de missiles, en Syrie, le 7 septembre 2017. (Crédit : ImageSat International)

Le site web, qui a publié l’information selon laquelle l’Iran aurait aidé à la construction d’une base de missiles dans le nord-ouest de la Syrie des semaines avant que cela ne soit confirmé par des images satellites israéliennes, a signalé que « des experts militaires d’Iran, de Russie et de Corée du Nord travaillaient dans la région. »

Cependant, Salomon est persuadé que, compte tenu de la nature du site et des intérêts de la Russie dans la région, il est peu probable que Moscou envoie des experts dans une telle installation. Alors que la Russie a travaillé en étroite collaboration avec des ennemis d’Israël comme l’Iran en Syrie, elle a au moins tenté de ne pas aider directement le Hezbollah. Cette attitude serait compromise si on la surprenait en train d’apporter son aide à cette installation de production de missiles. Pour cette raison, Salomon pense qu’il est possible que ces experts militaires « russes » soient en réalité des Biélorusses.

Améliorer les missiles iraniens

Depuis au moins 2012, les pays occidentaux soupçonnent que la Biélorussie entretient des relations avec le CERS.

À l’époque, ils pensaient que l’ancien pays soviétique travaillait avec Damas pour améliorer la précision de ses missiles M600 de moyenne portée, la version syrienne de la roquette iranienne Fateh 110, selon Solomon.

Un missile balistique Fateh-110 pendant une parade militaire iranienne de 2012. (Crédit : military.ir/Wikimedia Commons)

Un missile balistique Fateh-110 pendant une parade militaire iranienne de 2012. (Crédit : military.ir/Wikimedia Commons)

Ce missile, que posséderait le Hezbollah, a une portée suffisamment longue pour pouvoir atteindre une grande partie du territoire israélien depuis le Liban ou la Syrie, mais il n’est pas particulièrement précis.

La Biélorussie est cependant particulièrement compétente pour améliorer les missiles existants avec de meilleurs systèmes d’orientation, grâce à des années d’expérience de remise à niveau de la technologie russe, a expliqué Solomon.

En particulier, a-t-il noté, les sociétés biélorusses qui sont soupçonnées d’opérer en Syrie se vantent non seulement de leurs capacités à améliorer les systèmes comme le M600, mais aussi du fait qu’elles sont disposées à vendre des technologies convoitées par le Hezbollah, comme des systèmes antiaériens, des drones et des missiles anti-navires.

En 2012, le site internet Intelligence Online, basé en France, a signalé que la Biélorussie cherchait à vendre des gyroscopes à fibre optique à la Syrie, qui « sont à l’abri des vibrations transversales, de l’accélération et des chocs, qui améliorent le guidage et la précision des missiles de sol-sol. »

Scott Johnson, analyste de la société de renseignements IHS Jane, a déclaré au magazine The Atlantic à cette époque que « cette technologie augmenterait la capacité du régime à se livrer à des destructions avec une précision encore plus mortelle qu’avec celle qui guide actuellement ses missiles. »

La Biélorussie, qui a déclaré son indépendance en 1991 après la chute de l’Union soviétique, est dirigée par Alexander Lukashenko depuis 1994.

La plupart des médias n’ont pas suivi de près l’assistance apportée par Minsk à la Syrie au cours des cinq dernières années, perdue sous le radar, car des puissances plus importantes comme la Russie, l’Iran, les États-Unis, l’Arabie saoudite et la Turquie entretiennent un enchevêtrement d’alliances et de rivalités sur le terrain et dans le ciel des pays de la région.

Le gouvernement américain l’a cependant remarquée. En 2012, l’autorité fiscale des États-Unis a imposé des sanctions à une entreprise de défense biélorusse appartenant à l’État, Belvneshpromservice (BVPS), qui aurait fourni à Assad des « fusibles pour des bombes aériennes à usage général. » Pour sa part, la Biélorussie a démenti avoir essayé de vendre des armes à Assad.

L’Union européenne a également sanctionné de façon intermittente les entreprises biélorusse pour des allégations semblables, mais les a rapidement levées dans une tentative d’arracher Minsk aux griffes de Moscou et pour l’attirer vers l’Europe occidentale.

En juin 2016, les Etats-Unis ont encore imposé des sanctions à la société biélorusse BVPS pour violation de la loi sur la non-prolifération [des armes] en Iran, en Corée du Nord et en Syrie, qui interdit la vente d’articles dans les pays qui ont le « potentiel d’apporter une contribution importante au développement des armes de destruction massive (WMD) ou les systèmes de croisière ou de missiles balistiques. »

Les sanctions sont en place encore aujourd’hui, même si un représentant du département d’Etat américain n’a pas donné plus de précision sur les allégations spécifiques contre BVPS, en affirmant que ces informations sont classifiées.

Cependant, tout le monde n’est pas convaincu. L’analyste Siarhei Bohdan, qui écrit pour le groupe Bielorusse Ostrogorski, a déclaré que les liens entre la Biélorussie et le régime d’Assad ne sont pas aussi profonds qu’ils ne semblent l’être. Il pense que le pays cherche toujours à maintenir ses relations commerciales avec les États du Golfe, qui ont des poches plus profondes que la Syrie, et que la Biélorussie ne risquerait pas ces relations pour de l’argent rapide reçu d’Assad ou de l’Iran.

« Je ne vois aucun signe de fourniture de matériel militaire ou d’expertise », a-t-il affirmé au Times of Israel par téléphone. « Qu’est-ce qu’Assad peut offrir à Minsk qui pourrait remplacer et compenser ces transactions [avec les états du Golfe] ? »

Mais Bohdan a reconnu que l’existence des sanctions américaines et les sanctions intermittentes de l’UE contre la Biélorussie validaient néanmoins « les allégations contre le pays. »

Beaucoup d’argent pour la petite Biélorussie

Depuis la fin de la guerre froide, la Biélorussie s’est fait une place sur le marché international des armes en améliorant et en vendant la technologie militaire russe. Cela a parfois amené le pays à se rapprocher de la Russie, tandis que d’autres fois cela a opposé les deux nations, qui passaient alors du statut d’alliés proches au statut de concurrents acharnés pour obtenir des contrats d’armements.

Cette implication sur le marché des armes a été une entreprise lucrative pour la petite Biélorussie, bien qu’elle ne soit pas tout à fait claire.

L’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, un groupe de réflexion qui suit les ventes d’armes, a calculé que la Biélorussie a réalisé des ventes d’armes s’élevant à 625 millions de dollars entre 2012 à 2016, ce qui en fait le 18e plus grand revendeur d’armes au monde.

Cependant, la commission de l’Industrie militaire de l’Etat de Biélorussie donne un chiffre considérablement plus élevé, signalant que le pays a exporté des armes et des équipements de défense pour un montant d’un milliard de dollars, et cela pour l’année 2016 seulement.

Solomon estime qu’au moins une partie des revenus de défense du pays provient d’accords avec la Syrie qui sont acheminés par l’intermédiaire de son principal exportateur de défense, BelTechExport.

En avril dernier, Intelligence Online, qui a également suivi la coopération militaire biélorusse avec la Syrie depuis 2012, a déclaré que les employés des « entrepôts de la société ont travaillé des heures supplémentaires pour répondre à la demande [syrienne]. »

Selon Solomon, la décision de la Biélorussie d’approfondir ses liens avec la Syrie n’est probablement pas le résultat d’un changement d’orientation.

« Ils pourraient faire des affaires avec le Qatar, qui soutient les rebelles [syriens], ou avec la Syrie, qui combat les rebelles. Ils n’ont pas de dieu. L’argent est ce qui importe, pas l’idéologie », a déclaré Salomon au Times of Israël.

Ils n’essaient pas de se cacher

Le détachement d’un général, le général Samer Arnus, pour qu’il occupe le poste d’attaché à la défense de la Syrie à Minsk, souligne également le haut niveau de coopération militaire entre les deux régimes, selon Solomon.

Le ministre de la Défense de Biélorussie, le général Andrei Ravkov, à gauche, avec l'ambassadeur syrien Bassam Abdul Majid, à gauche, et l'attaché de la défense syrien, le général Samer Arnus, le 11 avril 2016 (Crédi : Ministère de la Défense de Biélorussie)

Le ministre de la Défense de Biélorussie, le général Andrei Ravkov, à gauche, avec l’ambassadeur syrien Bassam Abdul Majid, à gauche, et l’attaché de la défense syrien, le général Samer Arnus, le 11 avril 2016 (Crédi : Ministère de la Défense de Biélorussie)

Généralement, les pays ne possèdent qu’un général qui occupe le poste d’attaché à la défense afin de superviser les relations militaires très développées entre deux pays. Israël, par exemple, a un général agissant comme attaché à la défense aux États-Unis, avec lequel il a des accords importants sur les armes et le partage des renseignements. Il est à noter que même en Allemagne, qui fournit à Israël sa flotte stratégique de sous-marins, c’est un colonel qui occupe le poste.

Solomon a expliqué qu’il était persuadé qu’Arnus jouait un « rôle crucial » dans la mise en place des accords d’armement entre les deux pays, comme en témoigne le fait que le ministre biélorusse de la Défense, le général Andreï Ravkov, l’a rencontré et l’a été remercié en 2016 pour son « importante contribution » à la coopération entre les deux pays, avant son retour en Syrie après avoir achevé son service en Biélorussie.

Solomon a noté que cette réunion s’est produite au moment même où de nouvelles structures étaient achevées à Mesyaf.

Malgré le fait que Minsk soit connu comme un régime secret et oppressif, la Biélorussie n’est pas resté discrète quant à ses liens avec le pays déchiré par la guerre et Assad, a affirmé Solomon dans son rapport.

Une délégation biélorusse participe à une exposition commerciale syrienne à Damas le 18 août 2017 (Crédit : BelTA)

Une délégation biélorusse participe à une exposition commerciale syrienne à Damas le 18 août 2017 (Crédit : BelTA)

Ces deux dernières années ont connu une augmentation significative de la coopération entre les deux pays, avec des réunions entre des responsables de haut rang, y compris des personnalités de l’establishment de la défense, et la signature d’accords commerciaux multiples.

Ces événements ont souvent été suivis d’articles et d’images publiés dans les médias étatiques de chaque pays.

En mai, Assad a accordé une interview à une chaîne de télévision biélorusse, dans laquelle il a décrit l’amélioration des relations entre les deux pays.

Le président syrien Bashar el-Assad, dans son bureau à Damas, le 12 février 2016.(Crédit : Joseph Eid/AFP)

Le président syrien Bashar el-Assad, dans son bureau à Damas, le 12 février 2016.(Crédit : Joseph Eid/AFP)

« Nous avons de solides relations avec la Biélorussie depuis l’époque de l’URSS. Cette relation continue, en fonction de nos intérêts communs », a déclaré Assad, selon les médias biélorusses.

Le dictateur syrien a également noté que la visite du ministre biélorusse de l’Industrie Vitaly Vovk en avril dans le pays déchiré par la guerre a encore amélioré ces relations.

« Un certain nombre d’accords bénéfiques aux deux parties ont été convenus », a déclaré Assad.

Depuis cette interview, les deux pays ont signé un autre accord commercial, ainsi que des accords instaurant une coopération médicale. Le mois dernier, une délégation de Biélorussie a assisté à une exposition commerciale à Damas, au cours de laquelle des accords commerciaux supplémentaires ont été conclus.

« Des accords ont été conclus pour fournir du matériel biélorusse et pour développer de solides contacts commerciaux avec des partenaires syriens, afin de définir les perspectives de retour des produits biélorusses sur le marché syrien », a déclaré l’ambassade de Biélorussie en Syrie aux médias d’Etat.

Selon Bohdan, le chercheur biélorusse, l’importance des transactions a probablement été gonflée dans le cadre d’une tentative de Minsk de démentir les allégations des médias pro-russes, selon lesquelles certaines entreprises de défense biélorusses fournissaient des armes aux combattants de l’opposition au régime syrien en Bulgarie il y a quelques années.

Ces articles pro-russes ont tendu la relation entre la Russie et la Biélorussie à cause de la Syrie, où les liens sont considérés comme étant étroits mais tendus.

La tension en Russie

Deux analystes spécialistes de la Russie, Bruce McClintock et Bilyana Lilly, ont décrit la relation tendue entre les deux pays dans un article publié dans National Interest cette semaine. Ils ont noté que si les pays partageaient une même langue et que certains biélorusses âgés « sont nostalgiques de la sécurité et de la prévisibilité de l’ère soviétique », le président Lukashenko a fait des efforts pour maintenir l’indépendance de son pays vis-à-vis de la Russie et pour empêcher les tentatives russes d’empiéter sur sa souveraineté.

Cette tension peut être observée à travers l’exercice à grande échelle organisé par la Russie, connu sous le nom de Zapad, qui se déroulera en Biélorussie cette semaine. D’une part, cet exercice prouve que les relations entre les deux pays sont fortes mais d’autre part, les responsables occidentaux de la sécurité pensent que la Russie pourrait profiter de sa présence militaire massive en Biélorussie pour lancer une attaque type « cheval de Troie » et établir un point d’ancrage dans le pays, comme il l’a fait en Géorgie en 2008 et en Crimée en 2014.

Un tank russe T-90 dans le parc de Kubinka à l'extérieur de Moscou lors du premier jour du « Forum militaire et technique international de l'armée 2017 », le 22 août 2017 (Crédit : Alexander Nemenov / AFP)

Un tank russe T-90 dans le parc de Kubinka à l’extérieur de Moscou lors du premier jour du « Forum militaire et technique international de l’armée 2017 », le 22 août 2017 (Crédit : Alexander Nemenov / AFP)

Cette dynamique d’essayer de rester proche de la Russie, tout en restant un pays distinct, joue également un rôle dans le domaine des exportations de matériaux de défense.

Par moment, la Biélorussie et la Russie coopèrent pleinement sur des projets d’armements. Dans un article publié le mois dernier, Bohdan a relevé deux cas où une société biélorusse a pu obtenir des commandes pour réviser des avions de chasse qui ont été « sécurisées via la Russie. »

Dans un article publié en octobre 2012, Intelligence Online a également rappelé les circonstance où la Biélorussie est intervenue pour fournir des armes aux pays avec lesquels la Russie ne veut pas « s’impliquer directement », comme l’Iran, la Syrie et l’Irak.

Le site français donne pour illustrer ses propos la tentative de l’Iran d’acheter un système de défense antimissile russe S-300 en 2008. À l’époque, la Russie était confrontée à une forte pression internationale pour ne pas vendre sa batterie de missile à l’Iran. Ainsi, la Biélorussie a vendu à l’Iran « une version plus ancienne mais toujours opérationnelle du système ». (La Russie a vendu l’Iran un système S-300 plus tôt cette année, après que les sanctions contre la République islamique ont été levées suite à la signature de l’accord nucléaire en 2015.)

Pourtant, les deux pays sont également des concurrents sur le marché international des armes et la Biélorussie se distingue de plus en plus de la Russie dans ce domaine, en particulier dans le domaine de la guerre électronique.

Un exemple de ce fait, a noté Solomon, est le développement réussi d’un brouilleur, connu sous le nom de Veresk, qui peut être attaché à un avion et est destiné à contrer les systèmes de défense aérienne ennemis, notamment le S-300 russe.

Solomon a précisé qu’il n’était pas certain de la manière dont les relations entre la Biélorussie et la Russie influençait son implication en Syrie. Bohdan n’en est pas non plus sûr, et insiste aussi sur la souveraineté et l’individualité du pays.

Cependant, Solomon soupçonne que Moscou n’apprécie pas beaucoup le fait que le petit Minsk entre dans son territoire.

« Les Russes, semble-t-il, n’ont pas d’intérêt à ce moment précis à ce que la Biélorussie prenne part à ses accords d’armes avec la Syrie. Ils auraient également pu vouloir montrer aux Biélorusses, dans le contexte du conflit existant entre eux sur diverses questions, qui gagne et qui perd », a écrit Solomon.